Rubrique hommage

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Message par espoir le Dim 30 Sep - 16:17

Dans ce topic, venez parlez des hommes, qui se sont sacrifé pour nous, pour notre pays, voire au delà.
A vous claviers...

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Re: Rubrique hommage

Message par espoir le Dim 30 Sep - 16:17

Il était une fois Hasni…
29 septembre 1994, 29 septembre 2007, treize ans déjà, depuis, que les forces du mal, ont tenté d’étouffer une voix qui a subjuguée un large public. En effet, en ce triste 29 septembre 1994, Hasni, l’idole des jeunes, a été assassiné près de chez, au quartier Gambetta, à Oran. Hasni, qui venait juste d’avoir 26 ans, a réussi en un lapse de temps record, d’occuper une place de choix, dans les cœurs d’une jeunesse désemparée.
Chakroun Hasni, avec une production prolixe, avait traité tous les sujets, qui touchent, de plein fouet, la jeunesse algérienne (amour, désir…). Hasni, qui a été ravi aux siens, et à ses fans prématurément, en pleine ascension, a laissé sa touche dans le patrimoine culturel algérien.
13 ans après, le répertoire de Hasni, n’a jamais été aussi écouté, ce qui signifie l’échec des intégristes, qui ont essayer d’étouffer, toute vélleité de joie de vire.
L’espoir est, plus que jamais, de mise.


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Message par espoir le Dim 30 Sep - 16:18

Belkaid, un républicain qui s’est sacrifié pour son pays
28 septembre 1995-28 septembre 2007. Cela fait douze ans qu’Aboubekr Belkaïd était lâchement assassiné par les hordes terroristes. Hier, le Carré des moudjahidine au cimetière d’El-Allia était noir de monde. À commencer par sa famille, dont son épouse et ses enfants, ses proches et ses amis. Des anciens ministres, dont Abdelaziz Rehabi, des présidents de partis politiques, dont Redha Malek, le patron de la Centrale syndicale, Abdelmadjid Sidi-Saïd, des personnalités issues de divers horizons ainsi que les professionnels des médias étaient, également, présents pour marquer symboliquement cette cérémonie de recueillement sur la tombe d’un homme qui avait tout donné à son pays. Émue, Mme Belkaïd ne trouvait pas les mots pour “remercier tout ce monde venu se recueillir en sa mémoire”, nous a-t-elle dit. Et d’ajouter : “C’est extraordinaire de voir autant de monde ! C’est le meilleur hommage que l’on puisse lui rendre. Son âme est parmi nous tous. Il est toujours vivant…” Autour de la tombe de Belkaïd, sur laquelle on pouvait lire “les batailles que l’on perd, ce sont celles que l’on n’engage pas”, défilaient également des citoyens, de simples citoyens venus assister à cette cérémonie de recueillement. Né le 19 mars 1934 à Tlemcen, Aboubekr Belkaïd a dédié toute sa vie au service de l’Algérie, d’abord pour sa libération, ensuite pour son édification et son développement économique, social, scientifique et culturel. De 1964 à 1992, il avait occupé plusieurs postes de responsabilité, dont notamment ministre du Travail et de la Formation professionnelle, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, ministre de l’Intérieur et de l'Environnement, ministre chargé des Relations avec l'APN et ministre de la Communication et de la Culture (1991-1992). Ses qualités tant humaines que scientifiques ont fait de lui une référence dans toute l’Algérie, voire dans la région du Maghreb et de la rive de la Méditerranée. Son combat était également aux côtés des dévoués de la promotion de la science, de la culture et l'ancrage des valeurs démocratiques et de la modernité en Algérie. Cela fera dire à Sidi-Saïd que “rendre ommage à Aboubekr Belkaïd, c’est rendre hommage à tous les hommes valeureux de notre pays.” Abdelaziz Rehabi, l’exministre de la Communication, observera, quant à lui, que “les morts réunissent plus que les vivants. C’est un signe de satisfaction et de conviction de voir autant de monde réuni autour d’une cérémonie de commémoration. Je n’avais pas très bien connu Aboubekr Belkaïd, je veux dire l’homme. En revanche, je connaissais ses idées auxquelles j’ai toujours adhéré. Ce qu’il faut dire à l’occasion, c’est qu’on ne peut pas onstruire un pays sans la liberté. C’est un préalable pour une Algérie libre, démocratique et républicaine”. La cérémonie de recueillement d’hier nous rappelle le combat de ces femmes et des ces hommes tombés sous les balles assassines des terroristes pour que l’Algérie avance toujours…debout !
Liberté du 29/09/07


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Message par espoir le Dim 30 Sep - 16:18

10e ANNIVERSAIRE DE L’ASSASSINAT DES 11 ENSEIGNANTES A SIDI-BEL-ABBES
Elles sont mortes en martyres
Les autorités compétentes de Sidi-Bel-Abbès, croit-on savoir, n’ont apparemment rien initié pour commémorer le 10e anniversaire de l’assassinat des 12 enseignants dont 11 femmes sauvagement
égorgés un certain 27 septembre 1997 à la sortie de la localité de Aïn-Adem, appelé plus communément “Shmada” dans la daïra de Sfisef (Sidi-Bel- Abbès) où elles exerçaient.

Ce jour cauchemardesque, les Belabésiens s’en rappelleront toujours avec émotion et terreur à la fois. Alors que la journée s’annonçait belle en cette saison automnale, vers 16h30 où les malheureuses enseignantes étaient égorgées une à une, le temps a soudain viré au gris-cendre, et des pluies diluviennes se sont abattues sur la région et quelques minutes après les rues étaient impraticables. Devant le temps qui avait revêtu un aspect apocalyptique, certain chefs d’établissement craignant pour la vie des enfants avaient ordonné qu’on les libère avant l’heure. Oui, le ciel ce jourlà avait pleuré, car il venait d’être témoin d’un acte d’une rare sauvagerie et barbarie dont ont fait preuve les bourreaux n’épargnant que le chauffeur du Karsan qui les transportait afin qu’il puisse relater dans le détail l’horreur de l’assassinat. Elles étaient jeunes, la plus âgée n’avait pas bouclé ses 40 ans. Elles étaient jeunes et porteuses du message du savoir, mais hélas, l’obscurantisme en a décidé autrement. Une stèle a, quelques années plus tard, été érigée sur les lieux arrosés de sang, rappelant à chaque visiteur le douloureux événement. Pour commémorer cet énième anniversaire de leur assassinat, les martyrs ont eu certainement droit à la gerbe de fleurs déposée sur leur stèle. Nulle part illeurs, même pas dans le secteur où elles exerçaient, la commémoration de l’assassinat n’a été enregistrée. Mais pour leurs proches, en ce 27 septembre, il est certain que le souvenir vivace a ressurgi plus fort que jamais de leur mémoire dont n’a pas eu raison l’amnésie. Quant à Dhib El Djiâne, de son vrai nom Bahri Djilali, 50 ans, l’un des terroristes principaux impliqué dans cette affaire d’assassinat qui a marqué au fer rouge les Algériens et les Belabésiens en particulier, il séjourne actuellement en prison pour purger ses condamnations allant de la perpétuité aux peines de réclusion criminelle (entre 10 et 25 ans) en plus des peines capitales pour d’autres affaires liées au terrorisme. Quant à celles des enseignantes égorgées, il devra comparaître en octobre prochain devant la cour criminelle de Sidi-Bel-Abbès pour répondre de ses actes.
Le Soir d’Algérie du 29/09/07

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Message par nassim01 le Dim 30 Sep - 17:15

Merci beaucoup espoir, topic très intéressant
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Message par espoir le Lun 22 Oct - 10:04

Et Smail ne l'ont pas raté*
Ce lundi 18 octobre 1993, j'étais à l'internat du Lycée, et comme chaque lundi, je me suis rendu à la salle TV, pour suivre l'émission stades du monde, qui est consacrée au football, et qui est animée par hafid Derradji. Mais à l'heure habituelle, point d'émission, et nous nous sommes demandés, moi et mes copins, les raisons de la non diffusion du fameux rendez vous de la planète ronde. Avec notre naivité de l'époque, on a échafaudé mille est un scénario, mais nous avons tombé du haut, quand à 20h00 pétantes, le présentateur du JT de l'ENTV annonça la macabre nouvelle. L'un des meilleurs journalistes qu'a enfanté notre pays, Smail YEFSAH en l'occurrence, vient de tomber sous les balles assassines des intégristes islamistes du GIA.
Je me rappelle du reportage diffusé ce soir là, où le caméraman, avait refait le trajet qu'avait fait l'enfant de Tala Amara, avant d'être surpris par la horde intégriste. On pouvait voir les traces du sang tout au long du chemin matinal, ce qui m'a glacé dans ce soir automnal.
C'est alors, que les images de cet excellent journaliste, professionnel jusqu'au bout des doigts, traversèrent mes esprits. Ce grand homme à la moustache bien prononcée, comme le sont nos fiers parents et grands pères qui descendent de cette montagne.
Je me disais ce soir là, que désormais, je ne verrais plus ce visage lumineux dans ma petite lucarnes. J'ai appris lors de ce maudit soir, que Smail YEFSAH venait juste de se marier, il a été assassiné une vingtaine de jour après son mariage.
A l'époque, un groupe de terroristes spécialisé dans les assassinats des intellectuels, et qui avait pour sobriquet le FIDA, nous réservait des mardi noirs. Où les Belkaid, Boucebsi, Djaout...etc remplissait les pages des journaux tous les mercredis que le bon dieu faisait.
Da smail, que dieu ait son âme, repose au pied d'une montagne, dans le village de Tala Amara, auprès des siens. Et quand je me rappelle que le régime corrompu et assassin de Bouteflika, a absout de tous leurs crimes, les assassins des enfants et les violeurs des femmes, je mesure combien nous étions lâches avec nos martyrs de la démocratie. Sommes nous digne du combat de nos ainés, est-ce qu'on peut être fiers d'êtres les descendants des Djaout, Yefsah, Stambouli...etc. Hélas, ma réponse est non, car en voyant le comportement de notre élite, et celui de nos jeunes surtout, je suis pessimiste pour l'avenir de notre pays.
Mais qui sait, cette terre qui nous a réservé des retournements de situations inextricables, pourra faire jaillir une autre lumière, qui emportera toute cette racaille politique, qui a squatté le pouvoir depuis des décades. *:extrait d'une chanson du rebelle Matoub, où il a rendu un vibrant hommages aux intellectuels tombés sous les balles assassines des islamistes intégristes.

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Message par espoir le Sam 3 Nov - 0:08

25e anniversaire de l’assassinat de Kamal Amzal
Souvenirs avec l’enfant de Tiferdoud

C’était au temps des premiers boutons de la fièvre berbère pour des lycéens qu’on a obligés à aller ovationner, en 1977, le Président Boumediene lors de l’inauguration solennelle de l’université Oued Aïssi de Tizi Ouzou. Nous fîmes le déplacement avec les travailleurs de l’entreprise communale, Cotrah, et l’ensemble des collégiens de la daïra de Aïn El Hammam qui comprenait à l’époque Iferhounène, Tassaft (Yatafène) et Ouacifs. C’était au lycée Ben Boulaïd de l’ex-Michelet-inauguré par le même Boumediene- que nous effectuâmes la classe de 4e année moyenne faute de places au CEM Amar Ath Chikh où nous avions passé quand même les trois premières années de collège. Le déplacement sur Oued Aïssi que la kasma et la mandoubia du FLN, parti unique, voulaient transformer en fête et en plébiscite- avec, en prime, casse-croûte et journée chômée-, se mua en un réquisitoire en règle contre le pouvoir et la dictature. Chants, cris, huées, ‘’Imazighen !’’…tous les mots d’ordre libérant le souffle et l’énergie de la jeunesse kabyle passèrent pour …accueillir un Président qui a pris la poudre d’escampette dés sa descente de voiture pour se fondre parmi les officiels qui l’attendaient depuis la matinée dans la cour de l’université.
Amzal Kamal, que j’ai connu à partir de 1974 lors de notre passage en sixième au CEM Amar Ath Chikh de Aïn El Hammam, était de ceux qui, très tôt, ont pris conscience de l’importance de la culture et de la répression qui s’abattait sur la langue et les symboles de la culture kabyle. Nous en discutions à longueur d’année ; nous narguions nos professeurs égyptiens qui ne comprenaient rien à nos revendications, comme ils ne comprenaient rien non plus à ce qui leur arrivait sur ces hauteurs situées à plus de 1 000 m d’altitude lorsqu’ils titubaient et faisaient des chutes rocambolesques sur de la neige épaisse de 80 cm suscitant réactions hilarantes et moqueries de la part des collégiens.
Nous recevions les échos de nos aînés, lycéens et universitaires, qui étaient en contact avec l’Académie berbère de Paris et son président Bessaoud Mohand Arab. Nous baragouinions les quelques néologismes qui nous parvenaient comme Idles, Awezghi, Teyri…et nous nous moquions de ceux qui en ignoraient le sens. Nous l’appelions Madjid, un surnom qu’il avait intériorisé et qu’il aimait bien. Né en 1962 à Tiferdoud, un village de la commune d’Abi Youcef juste au-dessus de Taourirt-Amrane, mon village. C’est sur cette butte haute de 1 200 m d’altitude que Madjid fit son cycle primaire. Je fais sa connaissance en septembre 1974 lors de la rentrée scolaire au CEM Amar Ath Chikh.
Sur le chemin de Sidi Ali Uyahia
L’image qui me revient de ce temps lointain, temps de l’innocence, de l’insouciance et des découvertes est celle de Madjid, garçon jovial, au sourire éternel et à la taille légèrement inférieure à la moyenne. Nous avions un tronçon de route à faire en commun quotidiennement pour nous rendre au collège. Les élèves de Tiferdoud et ceux de Taourirt –Amrane se rencontraient chaque matin au col de Sidi ali Uyahia, appelé aussi Tizi n’Bouchaïb, un lieu désertique, faisant partie de la RN 15, à l’époque craint pour ses rafales de vent et ses épaisseurs de neige qui pouvaient facilement étouffer les jeunes enfants que nous étions ou leur faire perdre leur le chemin. Les sommets d’Ighil n’Sebt n’avaient pas encore l’image ‘’urbaine’’ d’aujourd’hui : lycée, hôtel, brigade de gendarmerie, bâtiments, villas,…C’était des maquis qui portaient encore les traces des incendies de la guerre de Libération nationale. Après l’Indépendance, nos grands-mères allaient ramasser des fagots de bois calcinés sur ces hauteurs. Elles furent nettoyées en quelques années et les pouvoirs publics de l’époque y tracèrent des banquettes qui disparaîtront avec la fièvre de l’urbanisation anarchique de la fin des années 70.
De retour du collège, nous empruntions le même chemin avec nonchalance et distraction, fatigués par le cours d’un prof égyptien ou saturés par des cours de mathématiques et de sciences dispensés par les brillants Koucha et Hamel Abdelkrim. Ce dernier, enfant de Tizi Hibel, avait l’habitude de nous décrire Mouloud Feraoun, un écrivain de son village qu’il a connu physiquement, emmitouflé dans son burnous kabyle. C’étaient les dernières images que notre professeur, alors jeune adolescent, gardait du grand écrivain de son village avant son assassinat en 1962 par l’OAS. En cours de route, outre les commentaires et observations que nous nous permettions sur nos enseignants- Chikhi Boubekeur, Mlle Lefgoum, Aït Larbi, Labcheri, Yahia Youcef, Aït Ouakli Rachid…-, on s’adonnait à nos ‘’jeux’’ favoris, le maraudage. C’est ainsi que nous cueillions des châtaignes, parfois complètement vertes, dans des propriétés privées attenantes au collège. Dans la précipitation et la crainte d’être surpris par le maître des champs, nous prenions les fruits avec leurs bogues piquantes dans nos cartables. Nous nous arrêtions aussi dans quelques vignes, situées dans un vallon, en bas de la route, pour les soulager de leurs fruits, muscat ou Hmar bou Ammar, lesquels, souvent n’ont pas encore atteint leur maturité.
Nous rincions les grappes de raisin à la belle et fraîche source de L’Aâincer n’Saïd Ouameur, aujourd(hui anéantie par les villas qui sont élevées sur son emplacement. Sous un bel ormeau ou à l’ombre d’un frêne aux denses ramures, nous dégustions tranquillement le fruit de nos efforts. Il arrivait qu’on nous dénonçât aux propriétaires des vergers ; alors, nous évitions cette route pendant quelques jours, histoire de nous faire oublier. On prenait plutôt le chemin de la crête d’Ighil n’Sebt qui passe par l’hôtel Djurdjura et redescend vers le CEM.
Kamal Amzal, dit Madjid, fait partie de ces élèves élite de la classe et du collège. Il lisait des livres en arabe et français empruntés à la bibliothèque de l’établissement. Celle-ci était bien garnie par des collections de Victor Hugo, Zola, Taha Hussein, Les Mille et une nuits,…Nous étions suspendus aux lèvres d’un professeur d’arabe qui nous lisait à haute voix chaque samedi matin- c’était le début de week-end à l’époque- des extraits de ‘’Paul et Virginie’’, un roman de Bernardin de Saint-Pierre dans la traduction d’El Manfalouti.
Nous attendions la suite avec une impatience et un enthousiasme démesurés. La fin tragique des héros de l’histoire nous fit plonger dans une tristesse et une mélancolie inouïe. Le désir de relire le livre et de l’avoir dans ma bibliothèque fut si intense que j’ai tout fait pour obtenir le titre et l’auteur de l’ouvrage auprès de notre professeur. Mon père me l’envoya alors de France, et j’en ai fait profiter Madjid qui voulait le lire à tout prix. A partir de la classe de 5e, nous partagions la lecture d’Algérie Actualité, et particulièrement sa 24e page animée par Fazia Hacène et les dessins de Slim. Un peu plus tard, nous devîmes les inconditionnels du Monde et du Figaro, journaux qui se vendaient à 3 DA.
Madjid s’intéressa très tôt à Tifinagh. Il en maîtrisait la géométrie et les contours malgré la clandestinité dont était frappé tout symbole de l’amazighité. En effet, pour un signe Z en berbère ou des initiales de la JSK dans cette langue aperçus par les gendarmes, nous étions persécutés et pourchassés. Ironie du sort, l’ancien siège de la Gendarmerie nationale de Aïn El Hammam s’est transformé, presque trente ans après, en centre culturel portant le nom de Matoub Lounès !
Pépinière du lycée Ben Boulaïd
Madjid lisait presque avec la même passion Taha Hussein, El Manfalouti, Balzac et Stendal. Il était bon vivant, aimant les parties de football, les blagues, les fêtes de village et particulièrement le t’bel qui égaye cette partie de la Haute Kabylie pendant la fête de l’Achoura. A l’occasion de cette fête religieuse, nous nous rendions aussi bien à Cheikh Arab, un mausolée de Taourirt-Amrane, qu’à Jeddi Menguellet, un autre mausolée de l’aârch n’Ath Menguellat qui attirait des milliers de pèlerins pendant trois à quatre jours. L’occasion de l’Achoura fait sortir les filles kabyles de chez elles. Dans des robes traditionnelles, elles emplissent les rues et venelles d’une ambiance et d’une joie flamboyantes. Eclats de rires, marche gracieuse, vêtements bariolés, elles ne peuvent laisser indifférents les jeunes garçons qui font le guet sur un talus, derrière un arbre ou derrière une foule compacte distraite par les rythmes effrénés du tambour et les pas saccadés des danseurs. Madjid me fit cette remarque un jour : "On dirait une parade nuptiale !". Loin d’être un dragueur trivial, il était plutôt un dandy, mieux, un artiste à sa façon.
Parvenus au cycle du lycée, notre amitié ce renforçait par ce côté “intellectuel” qui fait que l’un résume à l’autre le livre qu’il a lu, l’article du journal qui l’a frappé,…Il faut dire que le lycée Mostefa Ben Boulaïd de Aïn El Hammam, inauguré par Boumediene en 1976, était un fleuron de l’Education nationale, aussi bien par les enseignants qui y exerçaient (le Tunisien Nefzaoui, les Français Kouty et Godasse, les Algériens Kamoum Malek, Boukersi, Alilèche Md Chérif) que par les élèves qui ont acquis déjà une bonne base au collège. L’actualité de l’époque tournait autour du Président américain, l’ultra-républicain Ronald Reagan, l’invasion des îles Malouines par l’armée britannique et la guerre anglo-argentine qui s’ensuivit, la grève de la faim des Indépendantistes irlandais et à leur tête Boby Sands qui succomba après 64 jours d’inanition dans l’indifférence la plus cynique de la Dame de fer, Margaret Tatcher, Premier ministre à l’époque.
Après la crise du Sahara Occidental, l’Algérie s’approchait de la fin de règne de Boumediene avec la montée en puissance du courant panarabiste (Mohamed Salah Yahiaoui) qui a pu imposer le week-end religieux (jeudi-vendredi). Tous ces sujets étaient le pain quotidien de Kamal Amzal avec ses copains et amis. Il en discutait avec force détails en comparant ce qu’en disaient les différents journaux et les stations de radio de l’époque. Aucun thème ne lui était étranger.
C’était aussi le sommet de la chanson kabyle. Nous fredonnions les nouveaux airs de Ferhat Imazighen Imula, Ayagu d’Aït Menguellet, les premières chansons de Malika Domrane et les explosives tirades de la nouvelle étoile montante de la chanson kabyle, Matoub Lounès.
L'actualité nationale qui touchait de près Madjid était l’orientation scolaire dont il avait bénéficié en septembre 1978. en effet, il était orienté vers le filière “Lettres bilingues” créée par le ministre de l’Education de l’époque, Mostefa Lacheraf. C’était une mini révolution qui remplit de joie tous les élèves un tantinet enclins aux Belles Lettres. C’était aussi une première tentative d’endiguer l’arabisation tous azimuts instaurée par le courant baâthiste. Madjid se retrouvera ainsi dans son élément. Orienté vers la filière “Sciences transitoires”, j’eus un pincement au cœur et un infini regret de ne pas pouvoir être dans la même branche que Madjid, d’autant que j’avais des prédispositions avérées pour les lettres. J’en fait part au proviseur du lycée, Ahcène Kacher, un homme pondéré et avisé, qui me déconseilla fortement de suivre Lettres bilingues, parce qu’il subodorait déjà des coups fourrés politiques q i allaient faire capoter cette innovation.
Une année après, les appréhensions de M. Kacher seront confirmées. Les Lettres bilingues furent supprimées et les élèves de cette spécialités ont été ‘’récupérés’’ dans les Lettres arabisées. Le ministre de l’Education, Lacheraf, se retrouvera ambassadeur à Mexico. Malgré ce revers imposé par le courant baâthiste, qui a vu émerger Kharroubi, Yahiaoui, Naït Belkacem, Madjid n’a pas perdu espoir. Pour lui, c’est l’occasion de redoubler d’efforts et d’imagination pour s’armer de savoir et de science quitte à le faire en autodidacte, phénomène qui était très répandu à l’époque.
On se procurait des livres interdits par la censure, on photocopiait des sujets de bac français, y compris ceux de philosophie que Le Monde de l’Éducation publiait chaque mois de juillet. De même les ABC du bac et les manuels Vuibert étaient notre pain quotidien.
Puis vint le Printemps berbère. Nous étions trop jeunes pour faire les meneurs d’hommes pendant ces longues semaines de grèves et de manifestation. Mais nous avions participé à toutes les manifestations ; celle qui a réduit en bris le cinéma de la ville de Aïn El Hammam et en cendres le siège de la daïra, comme celle, pacifique, organisée en direction de la ville de Larbaâ Nath Irathen. Au bout de 16 km de marche, éreintés, mais oubliant la faim et la soif, nous fûmes accueillis par les forces anti-émeutes et nous rebroussâmes chemin dans la débandade. Il faisait déjà nuit quand, épuisés et recherchés par nos familles, nous rentrions à Michelet.
J’ai perdu de vue Kamal Amzal depuis l’examen du bac (juin 1981) après sept années de solide amitié, de bonne compagnie et de complicité intellectuelle.
Un an et demi plus tard, le 3 novembre 1982, alors que j’étais à Mostaganem pour des études d’agronomie, j’appris par El Moudjahid la mort d’un étudiant à Ben Aknoun dont le nom était Amzal Kamal et cela "suite à des échauffourées" “Ddounit tezzi yissi” ! (Paroles de Matoub).
In La dépêche de Kabylie

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Message par espoir le Sam 3 Nov - 0:20

Quelques notes sur l’assassinat de Kamel Amzal
Après le Printemps berbère de 1980, une répression féroce s’est abattue sur les étudiants démocrates qui sont pour leur écrasante majorité de tendance gauche. Le 19 mai 1981, Journée de l’étudiant, beaucoup d’entre eux, membres des comités de cités, ont été arrêtés, laissant ainsi place nette aux " frères musulmans " comme on les désignait à l’époque. C’est ainsi que ces derniers ont accaparés les comités des cités universitaires et en ont fait des instruments pour propager et imposer leur idéologie extrémiste. Commençant par mettre fin aux activités culturelles (Musique, théâtre, peinture, ….) au sein des cités universitaires, ils en arrivèrent à transformer les mosquées dans les cités en véritables casernes de stockage d’armes blanches et à feux et même du TNT a été découverts dans ces mosquées après l’assassinat de Madjid, rapportent des étudiants de l’époque. La mise à l’écart des militants d’obédience démocratique, résolument pacifique et la libre activité politique, tolérée, des extrémistes religieux, ont préparé le lit douillet pour un islamisme barbare dont l’Algérie subira quelques années plus tard les plus abominables crimes contre les artistes, écrivains, journalistes et citoyens lambda n’épargnant ni femme ni enfant .
Selon des informations données par Malek Sadali, Amzal Kamel, dit Madjid, a été assassiné, à l’arme blanche par " un marin " du nom de Lassouli Fath-Allah, fils d’un commissaire de police.
Durant les mois qui ont suivi son assassinat, " la " S.M nous filait à l’intérieur et à l’extérieur de l’université ", a-t-il ajouté.
Interrogé sur le procès de l’assassinat de Kamel Amzal, M. Sadali nous dira que l’auteur du crime " a été condamné, au détour d’un simulacre de procès, auquel n’a pas participé l’avocat principal de la famille, à huit ans de prison ". en ajoutant que " le jour de son procès, un rassemblement a été empêché à l’université de Tizi-Ouzou ".
"Il a bénéficié d’une grâce présidentielle après quelques années d’incarcération et après avoir été retourné par les services ", a déploré M. Sadali.
Par ailleurs, l’ancien député FFS soulignera " au début des années 90, Lassouli Fath-Allah l’assassin de Kamel Amzal activait au sein du parti intégriste, FIS et sera même élu local ". Et d’ajouter Qu’en 1995, " il devait se déplacer de Yakouren vers Tizi-Ouzou, pour assister à une réunion, il fut abattu à proximité d’un barrage de l’armée dans le camion qui le transportait".
In la dépêche de kabylie
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Message par espoir le Lun 3 Déc - 15:01



13ème anniversaire de l'assassinat de Msmar Djeha
3 décembre 1994-3 décembre 2007, 13 ans depuis que l'un des plus brillants journalistes algériens, à savoir Said Mekbel, a été ravi à sa famille et ses lecteurs. Ce journaliste qui a marqué de ses écrits, par ses billets décalés, ou par son humour corrosif.
A rappeler que Da Said a été assassiné dans une pizzeria à Hussein Dey, à 30 m des locaux du journal Le Matin, qu'il dirigeaient à l'époque. Le Mesmar Djeha (le sobriquet sous lequel il écrivait dans son journal), a été transportait à l'hopital, où il a sombré dans le coma. Said Mekbel n'est pas sorti indemne de ce lâche et ignoble assassinat.

Voici l'hommage de HASSANE ZERROUKY, un journaliste du Matin à l'époque (paru dans l'Humanité du 5 décembre 1994).
C'était El Ghoul (l´ogre) dans « Alger républicain », jusqu´en 1965, date à partir de laquelle ce quotidien fut interdit. Puis ce fut de nouveau El Ghoul lorsqu´« Alger républicain » est reparu en 1990. Et, à partir de 1991, est devenu Mesmar J´ha (le clou de J´ha) dans le quotidien « le Matin », qu´il contribua à lancer avec une jeune équipe de journalistes issue d´« Alger républicain ». Comme la plupart des journalistes du « Matin », Saïd Mekbel a été un militant actif de l´ex-PAGS. C´était un billettiste de talent, à l´humour corrosif, au verbe moqueur...
A travers ses billets satiriques, il épinglait toute la classe politique, y compris le président Zéroual et les généraux de l´armée. Et le petit peuple, à travers le personnage de « l´ami Boussaid », prenait sa revanche sur les grands de ce pays. Mesmar J´ha était un empêcheur de tourner en rond. Il détenait le record de la presse algérienne en matière de citations à comparaître : quinze citations et plusieurs condamnations, dont quelques-unes émanant des militaires ou du FLN.
L´assassinat de Saïd Mekbel a fait la « une » des médias algériens, toutes tendances confondues. La télévision algérienne lui a consacré près de cinq minutes. Son dernier billet (voir ci-contre) paru dans l´édition du « Matin » de samedi était prémonitoire. L´ensemble de la presse l´a reproduit dans ses éditions d´hier en hommage au billettiste de talent qu´il était. Saïd Mekbel sera enterré dans sa région natale, à Bougie, dans la petite Kabylie, une région qu´il aimait tant.



Voici le dernier billet de Said Mekbel (le billet est paru le jour même de son assassinat, une sorte de billet prémonitoire) :

CE VOLEUR
Ce voleur qui, clans la nuit, rase les murs pour rentrer chez lui, c'est lui. Ce père qui recommande à ses enfants de ne-pas dire dehors le méchant métier qu'il fait, c'est lui. Ce mauvais citoyen qui traîne au palais de justice, attendant de passer devant les juges, c'est lui. Cet individu, pris dans une rafle de quartier et qu'un coup de crosse propulse au fond du camion, c'est lui. C'est lui qui, le matin, quitte sa maison sans être sûr d'arriver à son travail et lui qui quitte, le soir, son travail sans être sûr d'arriver à sa maison. Ce vagabond qui ne sait plus chez qui passer la nuit, c'est lui. C'est lui qu'on menace dans les secrets d'un cabinet officiel, le témoin qui doit ravaler ce qu'il sait, ce citoyen nu et désemparé... Cet homme qui fait le vœu de ne pas mourir égorgé, c'est lui. C'est lui qui ne sait rien faire de ses mains, rien d'autres que ses petits écrits. Lui qui espère contre tout parce que, n'est-ce pas, les rosés poussent bien sur les tas de fumier. Lui qui est tout cela et qui est seulement journaliste.

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