Situation politique en Algérie

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Situation politique en Algérie

Message par espoir le Jeu 24 Mai - 10:51

Ici en parlera des développement de la situation politique en Algérie.
A vos claviers...

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Re: Situation politique en Algérie

Message par espoir le Jeu 24 Mai - 10:53


Benbitour demande le changement
A la suite des législatives boycottées par la population, Ahmed Benbitour, ancien chef du gouvernement, sort de sa réserve et demande le changement politique en urgence. Voici sa contribution.

Le monde et l’Algérie connaissent des changements à une vitesse jamais égalée auparavant. Les progrès considérables réalisés dans les Nouvelles technologies de l’informatique et des communications ont permis grâce au développement de la télévision par satellite et l’internet, une démocratisation de l’accès au savoir et à l’information.

De ce fait, les citoyens algériens, particulièrement les plus jeunes, sont bien informés et possèdent des connaissances non négligeables dans tout ce qui concerne l’état réel de la nation, par rapport aux autres nations. Ils méritent une meilleure considération de la part des gouvernants, contrairement à ce que nous constatons et de façon notable lors de la dernière campagne électorale pour les législatives. Celle-ci s’est caractérisée par des dizaines sinon des centaines d’actions proposées par les partis. Pourtant, il s’agit de la même majorité qui est à l’Assemblée depuis trois mandats. En effet, la « coalition au service du Président » (FLN, RND, MSP) a recueilli en 1997, 287 sièges sur les 380 que contient la chambre, soit 75%. En 2002, c’étaient 284 sièges sur les 389, soit 73%. En 2007, ce sont 249 sièges sur les 389, soit 64%. La première conclusion fondamentale est que « le système a acquis l’art d’organiser des élections pluralistes sans changement de majorité (entre 75% et 64%), par conséquent sans changement de pouvoir ». C’est d’ailleurs vrai pour les élections présidentielles. Le faible taux de participation 35% est un indicateur du décalage dans le niveau d’appréciation des réalités entre les gouvernants et les citoyens. Dans l’organisation des pouvoirs dans une République, le Parlement détient le pouvoir législatif. Alors, la majorité parlementaire peut faire réaliser les actions promises, soit par l’initiation des lois et la capacité de contrôler leur exécution, soit par la formation d’un gouvernement en son sein. Or, la Constitution algérienne n’oblige pas le chef de l’Etat à former un gouvernement dans la majorité parlementaire et l’Assemblée nationale n’a initié aucune loi durant les deux derniers mandats. Pourtant, la Constitution actuelle attribue des droits non négligeables au Parlement. Sans être exhaustif, la Constitution permet à l’Assemblée nationale d’initier des lois, de voter et amender des lois, d’approuver le programme du gouvernement et de contrôler son exécution par les questions aux membres du gouvernement et la formation de commissions d’enquête. Elle lui permet l’approbation du bilan du gouvernement et le vote de la motion de censure qui se termine par la démission du gouvernement. Elle lui permet, également, d’amender et de voter la loi de finances et le budget de l’Etat. Dans la pratique, l’Assemblée nationale n’a presque pas exercé ces attributions et continue de voter, depuis 2000, des ordonnances sans débat et des budgets sur un prix de baril à 19 dollars US, loin des 54,64 et 65,85 dollars US réalisés en 2005 et 2006 respectivement. Elle laisse de ce fait une partie importante des recettes fiscales à l’usage discrétionnaire de l’exécutif. La deuxième conclusion fondamentale : « La majorité parlementaire n’exerce pas ses droits constitutionnels et ne cherche même pas à les exercer. » De ce fait, le Parlement sert de fonction de maquillage pour une démocratie de façade. La situation économique et sociale du pays est très préoccupante, malgré une aisance financière jamais égalée auparavant. Comme je l’ai prouvé à une autre occasion, l’Algérie est devenue un exportateur de richesses et un importateur de pauvreté. Effectivement, l’Algérie est un exportateur net de richesses comme l’attestent les niveaux très élevés des excédents de la balance commerciale. Entre 2001 et 2006, la balance commerciale a enregistré des excédents cumulés de 98 milliards de dollars US. C’est un exportateur net de capitaux financiers puisque le niveau des réserves en devises a atteint 78 milliards de dollars US à fin 2006 contre un niveau de dette extérieure de 5 milliards de dollars US, à peine 6%. Autrement dit, lorsque le reste du monde place 6 dollars US en Algérie, celle-ci place 100 dollars US chez lui. C’est un exportateur net de capital humain, puisque nos cadres et nos compétences quittent le pays au moment où nous importons des travailleurs du bâtiment. Malgré tous ces excédents en faveur du reste du monde, notre diplomatie reste à la traîne et l’image de l’Algérie à l’étranger se détériore de plus en plus. Et le coup de grâce vient d’être porté à nos compétences par la récente ordonnance qui interdit à un cadre supérieur quittant une entreprise, pour quelque motif que ce soit, d’aller travailler dans une autre entreprise du même secteur, durant deux ans. Sous peine d’emprisonnement et de paiement de lourdes amendes. C’est une atteinte très grave à la liberté fondamentale pour un individu de choisir son lieu de travail et le métier où il peut exercer au mieux ses compétences. Il est très difficile d’imaginer un tel niveau d’incompétence dans la gestion d’un Etat. C’est la preuve des errements de nos dirigeants dans la gestion des affaires du pays. S’il y a une fuite des cadres supérieurs dans le secteur de l’énergie, et à un degré moindre dans les finances, ce n’est pas par l’interdit qu’il faut traiter ce phénomène, au contraire ! Au moment où le savoir devient le facteur clé de la puissance des nations, nous poussons de façon irresponsable à l’hémorragie de nos compétences. Au moment où le management des ressources humaines se préoccupe de la sécurité de l’employabilité, c’est-à-dire la capacité d’adapter et de développer son savoir-faire personnel pour être bien performant dans différents postes, nous poussons nos compétences vers l’interdit par la loi. Bien sûr, il ne faut pas confondre cette ordonnance avec le contenu de contrat au moment du recrutement de compétences dans des postes stratégiques où il s’agit d’un choix individuel qui est d’ailleurs compensé par des indemnités de départ qui dépassent largement la somme des salaires de deux ans. Un autre exemple de ces errements nous vient du paiement anticipé de la dette extérieure à hauteur de 10,93 milliards de dollars US en 2006 et qui est présenté par les autorités comme « une évacuation de la vulnérabilité de l’économie nationale ». Sans ce paiement anticipé, le stock de la dette extérieure à fin 2006 aurait été de 16 milliards de dollars US et le niveau des réserves de change à 89 milliards de dollars US, soit une différence au profit du reste du monde de 73 milliards de dollars US. Avec le remboursement anticipé, cette différence est à 73 milliards de dollars US, d’où aucun impact sur la vulnérabilité de l’économie. S’agissant d’équilibres extérieurs, ce paiement anticipé est au mieux un moindre mal. Ce qu’il faut par contre noter, c’est que ce paiement représente une ponction sur les ressources du Trésor de 780 milliards de dinars. Si ces mêmes ressources étaient mobilisées pour la création de petites et moyennes entreprises (PME) locales par la mise en place de fonds d’investissements et de banques d’affaires, les conséquences sur la croissance économique et la création d’emplois productifs permanents auraient été extrêmement favorables. Parce qu’il s’agirait alors de la création de dizaines de milliers d’entreprises et de centaines de milliers d’emplois productifs et permanents sur l’ensemble du territoire. Alors on pourrait parler de baisse de vulnérabilité de l’économie. Un pays exportateur net de richesses, de capital financier et de capital humain ne peut être vulnérable que par la mauvaise gouvernance. Dans ce domaine, il suffit d’écouter le président de la République se plaindre publiquement de la dépendance des hydrocarbures, de collaborateurs « menteurs », « régionalistes », « inaccessibles » aux citoyens. Quels bilans du programme triennal de relance de 525 milliards de dinars ; des sommes importantes annoncées au profit des wilayas visitées lors de la campagne électorale de 2004 ; de la politique de concorde civile, de concorde nationale, de réconciliation nationale… ? Le Président s’en est allé jusqu’à demander au peuple de bouger ! Oui, mais avec quels moyens ? Avec l’état d’urgence ? Il faut bien prendre acte de la panne des réformes et de l’absence de gouvernance à tous les niveaux de la hiérarchie de l’Etat. Le changement de régime, et pas seulement de pouvoir, devient impératif. D’où mon appel pour le changement. C’est aussi un appel à plus de transparence, plus d’information, plus de débats publics, plus d’ouverture des médias lourds à toutes les composantes de la société. Ce sont les moyens privilégiés et déterminants pour rétablir le début de confiance des citoyens dans leur Etat. C’est également l’occasion de l’ouverture d’un débat le plus large possible entre toutes les composantes de la société, plus particulièrement les élites, sur la stratégie d’ancrage de la bonne gestion. La nation est réellement en danger. Chaque institution et chaque citoyen sont placés devant leurs responsabilités. C’est le moment de travailler à la préparation, la conception et la mise en œuvre d’une Nouvelle Politique de Développement. L’Algérie a besoin d’un régime capable de construire l’avenir et capable de prévenir les crises et d’y faire face par sa stabilité et sa légitimité enracinées dans la société civile et dans l’économie, en opposition avec ce qui existe aujourd’hui, à savoir l’éternelle reconstruction de l’échec par la mauvaise gestion, sans jamais en tirer les leçons. Oui pour le changement ! Mais comment et par qui ? Je vous propose une réponse dans la prochaine contribution. En attendant, travaillons tous et toutes à élargir la base du dialogue sur la nécessité impérative du changement.
Ahmed Benbitour
24 mai 2007

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Message par espoir le Lun 4 Juin - 23:26

Belkhadem reconduit à la tête du gouvernement - On reprend les mêmes et on recommence!
Selon un communiqué de la présidence de la république ce lundi, le chef du gouvernement sortant Belkhadem a été reconduit à la tête du gouvernement. Il faut noter que la plupart des ministres ont été aussi reconduits dans leurs fonctions, avec quelques changement comme le départ de Bedjaoui de la diplomatie. Les élections législatives n'ont servi à rien

Voici le communiqué de la résinddence:
La présidence de la République a rendu public lundi le communiqué suivant : M. Abdelaziz Bouteflika, président de la République, a procédé à la nomination de M. Abdelaziz Belkhadem en qualité de chef du gouvernement.
M. Abdelaziz Bouteflika , président de la République, ministre de la Défense nationale, a en outre, pris, sur proposition de M. Abdelaziz Belkhadem, chef du gouvernement, un décret présidentiel portant nomination des membres du gouvernement, conformément à l'article 79 de la Constitution :
-->Noureddine Yazid Zerhouni, ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales,
-->Soltani Bouguerra, ministre d'Etat,
-->Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères,
-->Tayeb Belaïz, ministre de la Justice, garde des Sceaux,
-->Karim Djoudi, ministre des Finances,
-->Chakib Khelil, ministre de l'Energie et des Mines,
-->Abdelmalek Sellal, ministre des Ressources en eaux,
-->Abdelhamid Temmar, ministre de l'Industrie et de la Promotion des investissements,
-->El Hachemi Djaaboub, ministre du Commerce,
-->Bouabdellah Ghlamallah, ministre des Affaires religieuses et des Wakfs,
-->Mohamed Cherif Abbas, ministre des Moudjahidine,
-->Cherif Rahmani, ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement et du Tourisme,
-->Mohamed Maghlaoui, ministre des Transports,
-->Boubekeur Benbouzid, ministre de l'Education nationale,
-->Saïd Barkat, ministre de l'Agriculture et du Développement rural,
-->Amar Ghoul, ministre des Travaux publics,
-->Amar Tou, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière,
-->Khalida Toumi, ministre de la Culture,
-->Abderrachid Boukerzaza, ministre de la Communication,
-->Mustapha Benbada, ministre de la Petite et Moyenne entreprise et de l'Artisanat,
-->Rachid Haraoubia, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
-->Boudjemaâ Haïchour, ministre de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication,
-->Mahmoud Khedri, ministre des Relations avec le parlement,
-->El Hadi Khaldi, ministre de la Formation et de l'Enseignement professionnels,
-->Noureddine Moussa, ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme,
-->Tayeb Louh, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale,
-->Djamel Ould Abbès, ministre de la Solidarité nationale,
-->Smaïl Mimoune, ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques,
-->Hachemi Djiar, ministre de la Jeunesse et des Sports,
-->Abdelmalek Guenaïzia, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale,
-->Daho Ould Kablia, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, chargé des Collectivités locales,
-->Abdelkader Messahel, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires maghrébines et africaines,
-->Nouara Saâdia Djaâffar, ministre déléguée auprès du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, chargée de la Famille et de la Condition féminine,
-->Fatiha Mentouri, ministre déléguée auprès du ministre des Finances, chargée de la Réforme financière,
-->Rachid Benaïssa, ministre délégué auprès du ministre de l'Agriculture et du Développement rural, chargé du Développement rural,
-->Souad Bendjaballah, ministre déléguée auprès du ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, chargée de la Recherche scientifique.
Par ailleurs et conformément à l'article 78 de la Constitution, M. Abdelaziz Bouteflika, président de la République, a nommé M. Ahmed Noui, secrétaire général du Gouvernement.

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Message par espoir le Sam 9 Juin - 17:47



PROJET DE REVISION DE LA LOI ELECTORALE
Saïd Sadi : "C'est extrêmement dangereux"

Le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Saïd Sadi, a donné à comprendre, hier, à l’occasion d’une conférence de presse épiloguant les travaux de la session ordinaire du conseil national, que son parti est toute opposition à la nature de l’amendement que l’alliance présidentielle projette d’apporter au code électoral. “C’est extrêmement dangereux. Un amendement de cette nature consacrera l’exclusivité de la décision et l’opacité de gestion”, a-t-il affirmé.
proposer à la loi électorale, savent désormais qu’ils n’auront pas l’appui du Rassemblement pour la culture et la démocratie, lorsque le projet de loi sera soumis à l’approbation de l’Assemblée populaire nationale. Pour Saïd Sadi, le correctif à la loi électorale souhaité par l’alliance présidentielle révèle l’intention du pouvoir d’asservir davantage la commune. “La seule chose sur laquelle les partis de l’alliance présidentielle sont d’accord c’est l’abolition des libertés. Ils travaillent à l’instauration de la pensée unique”. Le président du RCD ne perd pas de vue par ailleurs l’arrière-fond politique qui sous-tend la proposition de l’alliance présidentielle relativement à la révision de la loi électorale dans le sens de permettre l’exclusivité de la représentation au niveau des communes. “Qui contrôle l’APC, contrôle la présidentielle”, a-t-il indiqué. Saïd Sadi a plaidé le renforcement du pouvoir local, à travers entre autres la libération de l’initiative démocratique et l’extension des prérogatives de la commune. Le RCD, même s’il appréhende toujours le risque de fraude électorale, est décidé à participer aux prochaines élections locales. Le parti, d’ici là, travaillera à nouer des alliances afin de réduire la fraude. Une fraude électorale dont le RCD se dit avoir été la principale victime durant l’élection législative du 17 mai dernier. Saïd Sadi a considéré que “c’est un mauvais coup donné à l’Algérie”. Le président du RCD a estimé que le score électoral réalisé par le parti est de loin plus important que les 19 sièges qui lui ont été attribués officiellement. “Le fait d’avoir condamné à perpétuité à 19 députés est significatif de ce que le pouvoir veut nous interdire toute forme d’intervention dans les débats sur la scène publique. De même que la répartition spatiale des 19 sièges dénote de la volonté du pouvoir à ghettoïser le RCD”. Le premier responsable du RCD a estimé, par ailleurs, que le pouvoir a fait de la corruption un mode de régulation. Aussi, a-t-il fait savoir que désormais les représentants du parti dans les commissions de surveillance refuseront d’être payés. “On ne tue plus, on emprisonne de moins en moins mais on corrompt à outrance”. Saïd Sadi a soutenu également que la panoplie de partis, plus d’une vingtaine, admis à l’APN est voulue par le pouvoir pour “empêcher l’opposition d’être audible”. S’exprimant sur la reconduction du gouvernement Belkhadem dans sa quasi-intégralité, Saïd Sadi, contrairement à ceux qui ont vu en cela une forme d’arrogance, a considéré que “ le régime est dans un état de décomposition telle qu’il n’a même pas la capacité de faire semblant de changer”. Pour Saïd Sadi, le fait d’avoir laisser les choses en l’état, le pouvoir a montré toute sa fragilité. Interrogé sur les possibles alliances qu’il pourrait nouer au niveau de l’Assemblée populaire nationale, le président du RCD a rétorqué que “ce n’est pas au niveau du Parlement que vous allez piocher des cadres intègres”. Cependant, en dehors du Parlement, le RCD a déjà jeté des passerelles en vue de solutions consensuelles avec ceux qui ont fait le constat de ce que “le pouvoir est fermé de l’intérieur, congelé et suicidaire”. Saïd Sadi a informé, en outre, que le groupe parlementaire du parti s’est réuni en annexe des travaux du conseil national et a décidé d’intégrer certaines commissions parlementaires.
Le soir d'Algérie du 09/06/07

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Re: Situation politique en Algérie

Message par espoir le Mar 17 Juil - 16:59

SON NOUVEAU LIVRE EST SUR LE NET
Belaïd Abdesselam jette un pavé dans la mare

Belaïd Abdesselam, ancien chef du gouvernement sous l’autorité du Haut Conseil d’Etat, de juillet 1992 à août 1993, ne semble pas avoir succombé à la tentation du farniente.
Plutôt que d’obliquer un regard détaché sur les jours qui s’égrènent, comme l’ont fait bien d’autres hauts responsables politiques, il a choisi, lui, de replonger dans cette tranche de vie politique qui s’amorça un certain 8 juillet 1992 et qui s’acheva sans gloire, à proprement parler, treize mois plus tard, soit le 19 août 1993. Il y replonge pour accoucher d’un livre, balancé intégral sur le Net et dans lequel il taille des croupières à des adversaires qu’il nomme et qu’il accuse d’avoir fomenté et ordonné le sabordage de son action à la tête de l’exécutif. D’entre ces adversaires que Belaïd Abdeslam tient en joue, le général Mohamed Touati, qui fut au moment de son magistère, conseiller du ministre de la Défense. La diatribe que Abdesselam vient de signer sous forme d’un épais opuscule s’entend comme une réplique tardive à un propos médiatique du général vieux de six ans. Un entretien dans les colonnes d’ El Watan paru en 2001. Le général n’a pas été tendre avec l’ancien chef du gouvernement. Ce dernier, six ans plus tard, lui rend la «gentillesse ». Belaïd Abdesselam procède comme s’il s’agit de réagir à une grave offense, à un crime de lèse-compétence. S’il lui était possible de résumer son livre en phrase, Belaïd Abdeslam aurait pu écrire ou dire : je n’ai pas échoué parce que je n’avais pas su faire mais parce que d’autres ont tout fait pour que j’échoue. Et pour faire comprendre tout cela proposer en guise d’entrée en la matière une incursion dans la coulisse du HCE. Depuis cette rencontre dans une villa sur les hauteurs d’Alger avec Ali Kafi et Khaled Nezzar, jusqu’à ce moment fatidique où on lui signifia sa fin de mission. Belaïd Abdeslam s’est vu proposer la chefferie du gouvernement au cours de cette fameuse réunion. Il a accepté. Sans poser la moindre condition et sans se voir en signifier, affirme-t-il. Curieuse tout de même cette façon de s’engager dans une entreprise politique que de se dire : ils ne me demandent rien, ils connaissent mes positions, donc c’est parfait ! le deal dans ce qu’il n’y en a du tout pas. Belaïd Abdeslam le comprendra à ses dépens et, pour lui, c’était trop tard. Son gouvernement a fait relativement long feu. Ce n’est pas tant cela qui semble l’avoir décidé à s’expliquer. Ce qui fait jaillir son ire par salves c’est plutôt, mais surtout essentiellement la motivation officielle de son renvoi : l’échec dans sa mission. Bien entendu, Belaïd Abdesselam n’a pas noirci près de 400 pages pour «plaider coupable». Bien au contraire, il s’affirme toujours convaincu du judicieux de ses choix et options, politiques et économiques. Pour lui, si son action a souffert de l’inefficacité c’est uniquement parce que d’autres s’y sont immiscés pour y compris empêcher qu’elle soit même engagée. Ainsi, en est-il de l’état d’exception qu’il dit avoir proposé durant une transition de cinq années, mais qui essuya l’opposition de la haute autorité politique, le HCE. Et si sur ce chapitre, l’ancien chef du gouvernement avoue avoir eu droit à des explications, autrement dit que les formes ont été mises, il n’en aura pas, accuse-t-il, toujours été ainsi. Il fait étalage sur de nombreuses et longues pages de procédés sournois qui travaillaient à faire grincer la machine à chaque fois qu’il mettait un projet sur les rails. L’illustration, il la donne à travers l’inaboutissement de son projet relatif à l’échange des billets de banque. Il affirme que le projet est resté lettre morte faute de machine à imprimer les billets de banque en état de marche ou encore pour cause d’indisponibilité de clichés. Ce sont là les raisons techniques que la Banque d’Algérie avait avancées mais, six années après, Belaïd Abdeslam, a fini par s’éveiller à la décision politique qui laminait son projet en sourdine. Selon la même logique de blocage, comprend-il, son projet de code des investissements n’avait pas agréé les détenteurs de la décision politique en raison du fait qu’il postulait à soumettre à la question les investisseurs quant à l’origine de leur fortune. Le texte sera promulgué après son limogeage et expurgé de cette disposition. Abdesselam voit en ce charcutage une seule raison : la protection de bien des intérêts. L’ancien chef du gouvernement, qui revient sur le détail des péripéties qu’il a eu à vivre durant l’exercice de sa fonction, retient néanmoins deux principales causes ayant précipité sa chute : la directive qu’il émet à propos de cette commission de 30 millions de dollars que les responsables de l’entreprise italienne ENI ont versés à des partenaires algériens pour avoir un marché dans les hydrocarbures et son obstination à vouloir contourner les conditionnalités du front monétaire international que, accuse-t-il, les maîtres de la décision politique souhaitaient de toutes leurs forces. Il accuse Touati d’avoir travaillé à convaincre l’ANP à soutenir le rééchelonnement. Et dans sa description d’un univers où le coup fourré est omniprésent, le général Touati tient le rôle de l’instigateur en chef. Il lui consacre d’ailleurs de longs chapitres, comme dans une envie de se soulager d’une hantise devenue pesante au fil des années. Il lui répond de tac au tac, se défendant, il comprend, d’avoir fauté ou mal apprécié une situation. Un livre pour dire à Touati non je ne suis pas incompétent. Mais ça fait six ans que Touati a parlé. Belaïd Abdesselam consigne enfin quelques autres détails croustillants. Comme par exemple la mission confiée à Ahmed Taleb El Ibrahimi de faire entendre raison aux dirigeants de l’ex-FIS. Une mission soldée par l’échec. Et cet autre détail qui voudrait que la peine à laquelle ont été condamnés les dirigeants a été fixée au préalable, non par le tribunal mais par la décision politique.
Le Soir d'Algérie du 17/07/07
Arrow Télécharger le livre de Abedslam

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Re: Situation politique en Algérie

Message par espoir le Mer 29 Aoû - 0:11

PEUT-ON SAUVER L'ALGÉRIE?
Entretien avec Said SADI conduit par Céline BEAUREGARD de la Revue Politique Internationale été 2007


Arrêté, torturé et emprisonné cinq fois par un régime qu'il défie depuis quarante ans, cible de nombreux attentats auxquels il n'a échappé que par miracle, Saïd Sadi reste aujourd'hui encore la bête noire des dirigeants algériens. Il est vrai que le fondateur et chef de file du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) est le seul, dans cette Algérie rongée par la corruption et la violence d'État, à s'exprimer librement face à la toute-puissance du parti unique et à ne jamais transiger sur ses idées. Pourtant, l'Histoire aurait pu s'écrire autrement pour Saïd Sadi et ses compatriotes. Quand, en 1962, l'Algérie accède à l'indépendance au prix de lourdes pertes, le pays veut enfin croire à une véritable ouverture démocratique. Mais cette liberté est vite confisquée par le FLN. Les citoyens doivent alors se battre dans la clandestinité pour maintenir la flamme de l'espérance. Celle-ci renaît sous l'impulsion du président Chadli qui promulgue, en février 1989, une Constitution ouvrant la voie au multipartisme.
L'embellie est de courte durée. L'expression d'une opinion autonome au sein du peuple déplaît à la caste au pouvoir. En 1992, un coup d'État anéantit cet espoir démocratique et les opposants sont pourchassés sans merci. En juin 1992 - six mois après sa prise de fonctions -, le trop démocrate Mohamed Boudiaf tombe sous les balles de ses assassins, touché dans le dos, face aux caméras de la télévision. L'avertissement est clair : l'élimination des journalistes, des intellectuels et des hommes politiques trop remuants peut commencer. Bilan : 100 000 civils tués (1) et une fantastique régression économique, les facilités obtenues par le rééchelonnement de la dette étant détournées vers l'effort de guerre.
Mais le terrorisme toujours rebondissant, la fraude, la corruption, l'incertitude politique n'ont pas raison du courageux chef de file du RCD. Saïd Sadi a fait de l'intégrité son cheval de bataille. Loin des strass et des paillettes d'un showbiz politique qu'il abhorre, il joue les funambules au-dessus de la jungle des corruptions. Car même si, pour lui, « le pouvoir n'est ni un tabou ni une maladie », il veut lui faire endosser un habit d'un tout autre genre, celui de la liberté. Un pari risqué dans un pays rompu aux pratiques totalitaires, surtout pour un Kabyle, démocrate de surcroît, « deux tares irrémédiables dans le monde arabo-musulman d'aujourd'hui ».
Afin d'assurer sa survie, le leader du RCD ne se déplace que sous escorte, en voiture blindée, et reste toujours aux aguets, malgré la présence discrète de ses trois gardes du corps. Les rares fois où il déjeune au restaurant, il s'installe face à la porte et dos au mur, tout en surveillant discrètement les va-et-vient autour de lui. Il vous rappelle, au passage, qu'il y a vingt-cinq ans un tel entretien dans un lieu public à Alger - qui plus est avec une femme journaliste - aurait fini au cachot pour l'un et au poste de police pour l'autre.
Son pari porte aujourd'hui ses fruits, puisque ce projet pluraliste et démocratique pour lequel il a lutté durant tant d'années, ce projet qui garantit l'égalité des sexes et le respect des droits de l'homme, n'est plus contesté en Algérie.
Mais même si sa foi reste intacte, l'homme politique se dit meurtri par le parcours d'un pays qui, selon lui, avait tout pour devenir une exception démocratique en terre d'islam. Au lieu de cela, il voit en 1991 des tribunaux spéciaux érigés en pleine rue par de jeunes exaltés déterminés à tuer tous ceux - voisins ou amis - qui ne respecteraient pas les préceptes religieux. Pour Saïd Sadi, tant que l'islam ne connaîtra pas son Vatican II, Ben Laden aura encore de beaux jours devant lui. Il souligne, indigné, l'inaction des intellectuels qui s'obstinent à ne rien changer à un texte vieux de quatorze siècles. Et de raconter l'histoire de sa fille, traumatisée par un instituteur qui expliquait devant toute sa classe comment devait s'y prendre un mari pour égorger sa femme désobéissante. Sans oublier cette précision macabre : plus le supplice est long, plus Dieu est content...
Aujourd'hui, après ces difficiles batailles menées au prix de bien des renoncements personnels et professionnels, il n'aspire plus qu'à une seule chose : remporter la prochaine élection présidentielle afin que ses sacrifices n'aient pas été vains. Mais, en 2007, la route est encore semée d'embûches. Terrorisée par une guerre civile de huit années, ruinée par une crise économique sans précédent, la population perd espoir et peine à se rendre aux urnes. Quant aux fraudes massives qui ont entaché les législatives de mai dernier, elles ont permis une nouvelle fois d'éliminer le RCD de l'Assemblée...
C. B.
L'interview --> dans le prochain topic


Dernière édition par le Mer 29 Aoû - 0:29, édité 3 fois

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Re: Situation politique en Algérie

Message par espoir le Mer 29 Aoû - 0:13

L'INTERVIEW
1ère partie de l'interview
Saïd Sadi, vous êtes kabyle et vous pourriez être candidat à la prochaine élection présidentielle. Or, en Algérie, il est communément admis que « jamais un Kabyle ne sera président ». Comment expliquez-vous cette réticence?
Il faut savoir que les Kabyles ne sont pas les seuls Berbères d'Algérie, mais qu'ils représentent avant tout les habitants de la Kabylie. On a souvent l'impression qu'il n'y aurait que des Kabyles en Algérie. Or la Kabylie est une région d'Algérie parmi d'autres, même si elle a occupé une place spécifique dans le mouvement national algérien. Le problème, c'est qu'au moment de l'indépendance, par une sorte de mimétisme avec le colonisateur, les Algériens ont endossé un système politique et administratif jacobin, voire stalinien. Les centres urbains ont été progressivement arabisés et la quasi-totalité des Nord-Africains ont fini par adopter l'islam comme religion.
Dans ce système marqué par une culture du nivellement par le bas, de l'intolérance et du sectarisme, mes origines constituent évidemment un handicap. Mais ce n'est pas uniquement le fait que je sois kabyle qui est en cause. C'est surtout le fait que je sois kabyle et démocrate, deux tares totalement irrémédiables dans le monde arabo-musulman d'aujourd'hui.
Si le régime reste ce qu'il est, il est clair que je n'ai aucune chance. Mais si le régime évolue - une hypothèse qui ne peut être totalement écartée dans la mesure où les gens qui ont confisqué le pouvoir depuis 1962 sont en train de quitter la vie politique et, pour certains, la vie tout court -, alors la compétition sera ouverte et une véritable perspective démocratique s'offrira au pays. Vous savez, la capacité à tolérer l'autre ne va pas de soi. Mais il faut savoir être volontariste.
Envisagez-vous une victoire indépendamment des fraudes électorales ?
Comment pouvez-vous dire « indépendamment des fraudes » ? La fraude est essentielle ici ! C'est le chancre qui ronge depuis toujours le destin de la nation algérienne ! Quand vous vous réveillez un matin de février en découvrant que les services de sécurité ont décidé de créer ex nihilo un parti politique (2) qui n'existait ni dans la clandestinité ni dans la mémoire algérienne, et quand, trois mois plus tard, ce même parti remporte haut la main les élections locales et législatives, vous ne pouvez pas dire « indépendamment des fraudes » !
La mascarade n'a pas duré longtemps. En réalité, la plupart de ces maires qui avaient été élus dans des conditions plus que douteuses avaient des casiers judiciaires épais comme des annuaires ! Par exemple, à Constantine, la troisième ville du pays, on a découvert que le responsable du service financier avait été assassiné par le premier vice-président de la commune... Ces scandales à répétition n'ont pas tardé à faire fuir les électeurs. Mais, grâce à d'autres fraudes, le FLN a été remis en selle. Maintenant, il est temps d'en finir.
De deux choses l'une. Soit on réunit un consensus national autour d'un certain nombre de sensibilités différentes. C'est ce qui s'est passé en 1943 lors du débarquement américain en Afrique du Nord. Les Algériens ont rédigé un mémorandum en faveur de l'émancipation du peuple algérien et, une fois ce mémorandum publié, chacun a repris sa casquette politique. Soit tous les militants se mobilisent massivement pour obtenir des élections régulières et transparentes.
Cela n'a pas été le cas des législatives du 17 mai dernier ?
Non seulement la fraude n'a pas régressé, mais elle s'est aggravée. Elle a été massive, grossière et brutale. C'est un très mauvais signe pour l'avenir immédiat de l'Algérie.
Comme par hasard, sur les 49 députés élus sur nos listes, il nous en est resté 19. Savez-vous pourquoi ? Tout simplement parce que, d'après la Constitution algérienne, pour qu'un parti politique puisse introduire un projet de loi, il lui faut 20 députés. Je rappelle qu'en 1997 nous nous sommes retrouvés exactement dans le même cas de figure, juste sous la barre fatidique des 20 députés ! Cette situation nous bâillonne totalement. Mais il ne faut pas baisser les bras.
Lors de l'ouverture officielle de l'Assemblée, le jeudi 31 mai 2007, j'ai été le seul à dénoncer ces abus. Beaucoup de députés des partis au pouvoir sont venus me féliciter dans les couloirs, mais personne n'a osé s'insurger publiquement.
Pourquoi l'Union européenne n'intervient-elle pas pour exiger la tenue d'élections régulières ?
Parce que l'Algérie a des moyens de rétorsion économiques sur les États européens, tout simplement ! Entre stabiliser la rive sud de la Méditerranée, qui est un projet de longue haleine, et profiter de son gaz et de son pétrole, le choix est vite fait !
Je comprends très bien que le régime algérien exerce un chantage énergétique et je comprends très bien, aussi, que les pays d'Europe défendent leurs intérêts. Mais c'est une chose de défendre ses intérêts ; c'en est une autre de jouer la politique du pire !
Lorsque, en 2005, Bouteflika a décidé d'absoudre les islamistes en lançant un référendum auquel 17 % des inscrits ont participé, la France a été la seule à saluer cet acte hautement démocratique. Pourquoi ? Parce que Bouteflika avait appâté Chirac avec son traité d'amitié et laissé entendre qu'Alstom pourrait obtenir des contrats.
Aucun autre pays au monde n'a osé féliciter Bouteflika. Les Américains eux-mêmes ont dit qu'un référendum sans débat contradictoire ne saurait être un référendum. Et pourtant, eux aussi ont des intérêts ici ! Il n'y a que la France qui se soit manifestée. Les Algériens s'en souviennent encore...
Justement, parlons de ce référendum. Selon vous, c'est lui qui est indirectement à l'origine des attentats suicides du 11 avril dernier à Alger...
En effet, ce qui s'est passé le 11 avril à Alger était prévisible. C'est la conséquence directe de cette parodie de référendum qui devait prétendument régler la question intégriste. C'est bien cette politique de réconciliation nationale prônée par le régime actuel qui est à l'origine du rebond du terrorisme. C'est elle, en tout cas, qui a accéléré l'implantation d'Al-Qaida au Maghreb. Je ne dis pas qu'elle l'a provoquée, mais il est certain qu'elle l'a précipitée.
On ne peut pas vaincre un mouvement insurrectionnel armé en soudoyant ses chefs et en libérant des prisonniers au petit bonheur la chance (3). Ce pouvoir n'est pas crédible. C'est du bricolage !
Or aujourd'hui nous ne sommes plus face à un mouvement purement algérien. Le GSPC, après avoir expérimenté l'islamisme dans les conditions que l'on sait, s'est coupé de sa base sociale. Ces groupes armés sont de moins en moins nombreux et de plus en plus isolés au sein de la population. Leur volonté d'investir la scène nord-africaine en profitant de la faiblesse et du discrédit de l'État en a fait une proie facile pour Al-Qaida. D'autant que, du point de vue stratégique, l'Algérie est idéalement située : il est infiniment plus aisé de frapper l'Occident à partir de positions nord-africaines plutôt que proche- ou moyen-orientales.
Nous sommes désormais confrontés à une internationale islamiste dotée de sa propre stratégie et de sa propre logistique. Cette nouvelle menace exige de la part du gouvernement des moyens, un savoir-faire et une politique de coopération régionale. Je ne suis pas certain que les dirigeants algériens en aient la capacité et la volonté.
D'où, peut-être, l'absence remarquée de Bouteflika qui a mis quatre jours à s'exprimer après les attentats du 11 avril...
Si l'on veut rester courtois, on dira que c'est son état de santé qui l'a empêché de réagir ! Je crois surtout qu'il a été pris de court. N'avait-il pas affirmé que le terrorisme était éradiqué ? Après toutes les concessions qu'il a faites, après toutes les injonctions qu'il a assenées aux services de sécurité pour qu'ils se taisent, voilà que les terroristes prennent pour cible le coeur même de l'État, le palais du gouvernement ! Bouteflika pensait pouvoir manipuler les islamistes et les retourner contre les clans qui contestent son autorité au sein du régime. Il est allé jusqu'à en devenir le sponsor. « Si j'avais été comme ces gens-là, moi aussi je serais monté au maquis », a-t-il même déclaré ! J'ai vu des notes écrites interdisant à un policier, à un gendarme ou à un militaire de répondre aux provocations des repentis ! L'attentat du 11 avril ne signe pas simplement l'échec d'une politique ; il montre la nécessité d'une nouvelle vision pour le pays.
Ce drame va-t-il au moins servir à rendre nos dirigeants plus lucides ? Va-t-il provoquer un sursaut dans la société ? Il est clair, en tout cas, que l'État ne doit plus être un instrument de contrôle et de répression. Il faut le remettre au service de la sécurité des citoyens et du développement de l'économie. J'espère que les dernières résistances des conservateurs n'entraîneront pas une déstabilisation accrue. Mais, en attendant, je crains que nous n'en ayons pas fini avec la violence.
Quelles mesures prendrez-vous si vous êtes élu chef de l'État algérien ?
Il faut que les trois pays nord-africains mettent en place une véritable coopération en matière de lutte antiterroriste et que les querelles qui ont autrefois opposé leurs dirigeants soient définitivement enterrées.
Depuis le 11 septembre 2001, les Occidentaux ont compris que l'islamisme était un phénomène comparable au stalinisme et au nazisme et qu'à ce nouveau fléau des temps modernes ils devaient opposer une solidarité internationale sans faille. De ce point de vue-là, l'Algérie ne sera pas aussi isolée qu'elle l'a été dans les années 1990. Mais la vraie solution, après l'échec des nationalismes, du panarabisme et du socialisme, réside dans la démocratisation de nos sociétés.
...A suivre


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Re: Situation politique en Algérie

Message par espoir le Mer 29 Aoû - 0:13

2ème partie de l'interview
Vous parlez de démocratie. Or, vous avez été l'un des principaux instigateurs de l'arrêt du processus électoral en 1991 (4). Pour quelqu'un qui s'affirme démocrate, ce choix n'était-il pas paradoxal ?
Je suis entièrement d'accord ! La seule différence entre vous et moi, c'est que je n'observe pas la société avec une longue vue, depuis des salons parisiens plus ou moins gauchisés ! Je sais ce qu'il serait advenu de mon pays si nous avions laissé le processus aller jusqu'à son terme. Après les résultats du premier tour, figurez-vous que des tribunaux populaires s'étaient déjà constitués dans la capitale pour juger tous ceux qui n'auraient pas respecté la parole de Dieu, sous-entendu la politique du FIS. Les opposants devaient être éliminés physiquement. Le mot d'ordre était simple : « À partir de maintenant, ou vous obéissez, ou on vous exécute » !
Je ne pouvais pas me rendre complice d'un tel massacre. J'ai dit, à l'époque, que je refusais de me rendre à l'enterrement de mon pays. Certaines âmes bien pensantes, notamment françaises, se sont évertuées à caricaturer le combat des Algériens, au point de réduire l'espace national à un affrontement entre des généraux corrompus et des islamistes légitimés par le suffrage universel. Des islamistes qui étaient vus comme les héritiers naturels du FLN, donc comme des libérateurs ! À ce niveau d'aveuglement, on ne peut même plus parler d'erreur d'appréciation. La plupart de ces « démocrates » étaient, en fait, fascinés par la force de l'islam conquérant. Ces activistes de gauche voulaient faire la révolution par procuration avec l'espoir de voir s'accomplir chez nous ce qu'ils ne pouvaient pas connaître chez eux. C'est là que j'ai compris pourquoi la France avait été vichyste!
En tout cas, sachez que, si l'Algérie était tombée, vos banlieues n'auraient pas résisté longtemps ! Votre communauté immigrée, avec laquelle vous avez quelques problèmes, se serait probablement laissé séduire par les sirènes de l'islamisme de façon encore beaucoup plus rapide et plus bruyante. Quant à la Tunisie et au Maroc, ils auraient été les prochains dominos.
Mais c'est tout de même le peuple qui a choisi le FIS en son âme et conscience !
Le FIS a gagné les élections, c'est indéniable. Mais si le peuple a fait ce choix, c'est parce que les forces démocratiques étaient réprimées par le parti unique - je sais de quoi je parle - et parce que le mouvement islamiste, grâce au FLN, contrôlait les écoles, les mosquées et les médias. Le pouvoir algérien ne s'est jamais attaqué aux problèmes de fond, comme les programmes scolaires, la place du culte, le statut de la femme... Tout ce qui n'était pas matière à un putsch lui était indifférent. Les bombes à retardement n'ont jamais été sa préoccupation. Les dirigeants, qui n'osaient pas affronter le FIS sur le terrain de la religion, ont préféré s'en accommoder et essayer de le dresser contre les forces démocratiques ! Quand on voit la somme de lâchetés, de compromissions, de reniements et d'incompétence qui règne au sommet de l'État - qui aurait suffi, dans n'importe quel autre pays, à jeter le peuple dans les bras des extrémistes -, il fallait vraiment que l'Algérie fût forte pour ne pas succomber à la tentation islamiste. C'est même un véritable miracle. Les Algériens se sont plus exprimés contre le FLN que pour le FIS. D'ailleurs, ceux qui après ces élections se sont organisés dans les villages pour faire face à la violence islamiste avaient, pour la plupart, voté pour les candidats du FIS !
Je sais que mes propos en ont choqué plus d'un mais, pour moi, l'arrêt du processus électoral de 1991 est, dans une certaine mesure, plus important que le déclenchement de la guerre de libération. Si l'on avait raté le 1er novembre 1954, le mouvement serait reparti un ou deux ans plus tard. De toute façon, la décolonisation était en marche. En revanche, si les islamistes avaient pris le pouvoir, l'Algérie serait sortie de l'Histoire. Je suis persuadé que nous aurions connu une vraie guerre civile qui aurait abouti à l'implosion de la nation algérienne avec, dans tout l'espace méditerranéen, des dégâts qu'on imagine mal.
À vos yeux, quel rôle la France a-t-elle joué en Algérie ? Quelle fut son influence sur la société algérienne ?
Nous avons été liés à la France pendant cent trente ans. Un aussi long mariage laisse des traces. Aujourd'hui encore, nous sommes voisins : Marseille est à une heure d'avion d'Alger ; la communauté algérienne qui vit en France communique avec son pays d'origine ; et les médias français sont de plus en plus nombreux à inonder la rive sud de la Méditerranée... Il y a donc une forte imprégnation de la société algérienne par la culture française. Imprégnation que j'assume moi-même et que je revendique au même titre que ma berbérité, mon islamité ou mon arabité.
Indépendamment des circonstances historiques, la France n'a pas su renouveler sa vision de l'Afrique en général et de l'Afrique du Nord en particulier. Vos dirigeants tombent dans le panneau de la culpabilité postcoloniale que leur tendent les élites algériennes : « Avec ces indigènes, se disent-ils, le mieux c'est encore de laisser de côté ce terrain sensible et d'aller à l'essentiel. » L'essentiel étant les échanges commerciaux.
Jamais le gouvernement français, qu'il soit de droite ou de gauche, ne s'est adressé à l'Algérie en adulte. Le Parti socialiste s'est abîmé dans le soutien à l'islamisme en laissant des séquelles qui, à mon avis, mettront du temps à s'effacer. La droite chiraquienne, elle, avec le cynisme qui la caractérise, voyait dans notre pays une gigantesque plate-forme pétrolière dont il fallait à tout prix préserver la stabilité. Le reste n'était pas son problème.
Au fond, Chirac et Bouteflika ont l'un et l'autre instrumentalisé la colonisation dans l'espoir d'asseoir leur légitimité. Chirac pensait faire plaisir à une partie de la droite française en ne condamnant pas le passé. Bouteflika, lui, qui n'a aucun bilan à offrir, n'en finit pas de célébrer la guerre de libération, au risque de tomber dans l'excès, comme lorsqu'il évoque les chambres à gaz ou les camps de concentration... La colonisation a été une telle horreur qu'il n'est pas nécessaire d'en rajouter.
Qu'attendez-vous de l'élection de Nicolas Sarkozy?
Au-delà du renouvellement de générations, que je relève avec plaisir, je crois qu'on peut s'attendre à un recul relatif du réalisme qui a marqué jusqu'à présent la politique extérieure française. À l'évidence, le nouveau président porte une attention toute particulière au sud de la Méditerranée. Son projet d'Union est porteur d'idées neuves.
S'agissant des relations avec l'Algérie, on peut considérer que l'arrivée d'Al-Qaida dans l'espace nord-africain va précipiter la coopération dans le domaine sécuritaire. J'attends de Nicolas Sarkozy qu'il développe une vision équilibrée et adulte de notre pays. Mais compte tenu des intérêts économiques de la France, il devra nécessairement ménager le régime en place. Ce poids économique et stratégique de l'Algérie, ajouté aux défis que M. Sarkozy s'est lancés au niveau interne et européen, laisse en vérité peu de place aux audaces politiques qui pourraient refonder le lien algéro-français. Il est vrai qu'on peut difficilement demander à un nouveau président de rompre avec quarante-six ans de relations névrotiques.
En tout cas, je note que, contrairement à une tradition solidement établie par son prédécesseur, Nicolas Sarkozy n'a pas salué « comme une réussite démocratique » la fraude qui a entaché les élections législatives du 17 mai dernier. Ce silence n'est pas passé inaperçu en Algérie...
Quarante années de luttes dans un pays qui bafoue les droits de l'homme... Vous est-il arrivé d'avoir peur ?
J'ai fait ce choix, personne ne m'y a obligé. J'ai eu la chance d'échapper effectivement à un certain nombre d'attentats, mais ces épreuves ne m'ont pas particulièrement ébranlé, car je m'y attendais et je savais à qui j'avais affaire. Que ce soit du côté du régime ou du côté des islamistes. Sur le plan professionnel, j'ai subi de nombreuses pressions ; on ne m'a pas vraiment laissé exercer mon travail de psychiatre. On m'a, pour ainsi dire, agressé jusque dans ce minimum d'intimité où l'homme essaie de s'accomplir.
Mais j'ai eu une chance que beaucoup d'Algériens n'ont pas eue : ma famille n'a jamais été inquiétée. Or je les sais capables d'attenter à la vie d'un enfant, d'une épouse, d'une soeur ou d'un frère... J'avoue que je ne sais pas comment j'aurais réagi si mes proches avaient été pris pour cible. Sans doute aurais-je été conduit à reconsidérer certaines choses...
Vous êtes l'un des rares opposants au régime algérien qui puisse s'exprimer librement. Le gouvernement laisse le siège de votre parti ouvert et vous accorde une protection. La relative bienveillance du pouvoir à votre égard suscite des polémiques...
Pour l'instant, l'opposition démocratique n'est pas illégale. Elle est harcelée, mais tolérée. Le droit de manifester, lui, est remis en cause. La radio et la télévision sont verrouillées. Des militants sont enlevés et torturés. À l'heure où je vous parle, deux de mes parents, dont un étudiant, croupissent en prison depuis trois ans, sans qu'on puisse leur reprocher quoi que ce soit. Faute de pouvoir restaurer le parti unique, le pouvoir cherche à imposer la pensée unique.
Nous menons une guerre de tranchées qui confine à l'absurde. Comme c'est souvent le cas dans les périodes de fin de règne, le pouvoir accumule les décisions contradictoires. Nos élus siègent dans les assemblées communales et régionales, mais il leur est interdit de se constituer en fédération, en violation flagrante de la Constitution.
Il est vrai que, lorsque je me déplace, les services de sécurité assurent ma protection. C'est le cas pour tous les responsables politiques. Mais, le plus souvent, les salles de réunions me sont refusées et je suis censuré dans tous les médias publics. Cette stratégie d'étouffement s'applique à l'ensemble de l'opposition démocratique.
Je sais parfaitement que, en Europe, les spéculations vont bon train, notamment dans les milieux d'extrême gauche pour lesquels l'Algérie ne compte que deux forces politiques, le régime et l'islamisme, comme si les démocrates n'existaient pas. À leurs yeux, un dirigeant qui dispose d'une protection est forcément suspect. Mieux : s'il est tué, c'est parce que le clan qui le « sponsorise » a perdu de l'influence. Cette forme de racisme qui dénie au peuple algérien jusqu'à la possibilité de soutenir les forces démocratiques a été récupérée par l'intégrisme qui se pose en unique alternative au régime. Mais soyons justes : depuis que l'islamisme se présente comme un fléau planétaire, cette vision compte de moins en moins d'adeptes.
En tant que psychiatre, comment interprétez-vous la soumission du peuple algérien face à l'autorité ?
Je vais encore prendre le risque d'apparaître comme un populiste. Pourtant, Dieu sait que ce n'est pas mon genre ! Le peuple algérien est un grand peuple. Là n'est pas le problème. Le problème de l'Algérie, c'est que les hommes qui ont accédé au pouvoir au lendemain de la guerre d'indépendance étaient trop jeunes pour assumer ces responsabilités. Grisés par la victoire, ils ont abusé avec une espèce de jubilation infantile des moyens de l'État. Ils passaient leurs journées à se pincer afin de se persuader qu'ils ne vivaient pas un rêve. Le reste du temps, ils multipliaient les provocations contre les Occidentaux.
Le plus triste dans tout cela, c'est que, depuis dix ans, la gauche française ne cesse de nous expliquer que nous sommes indignes du grand destin que nous prépare l'islamisme ! Selon elle, il n'existe pas d'espace pour les démocrates, entre les militaires bedonnants et corrompus d'une part et les islamistes sectaires et sanguinaires d'autre part. Quand on se sent aussi peu soutenu par l'opinion internationale, comment voulez-vous qu'on se mobilise ? J'ajoute que, chaque fois qu'une partie de l'immigration a essayé de s'organiser autour d'une opposition politique, elle a été immédiatement neutralisée par les services de sécurité algériens. Nous nous sommes retrouvés seuls, terriblement seuls...
...A suivre


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Re: Situation politique en Algérie

Message par espoir le Mer 29 Aoû - 0:13

3ème et dernière partie de l'interview
Vous avez souvent exprimé le voeu de réhabiliter le sacrifice consenti par le peuple algérien tout au long de ces années sombres...
C'est, en effet, l'une des tâches auxquelles je me consacrerai si j'en ai le temps et l'énergie. J'ai bien conscience que le peuple algérien a parfois failli. Qu'il ne s'est pas toujours dressé contre l'oppression pour défendre son existence. Mais enfin ! Les contraintes que nous avons eu à vaincre sont loin d'être banales ! Après tout, il a suffi de quelques divisions allemandes pour que la France se couche, et de quelle manière, en 1940 ! Cette même France qui avait pourtant deux siècles de révolution jacobine derrière elle...
Quel est votre bilan des « années Bouteflika » ?
Bouteflika est représentatif d'une génération qui a voulu échapper aux lois élémentaires de la vie politique parce qu'elle s'imaginait être l'élue de l'Histoire. Quand on est pénétré de ce genre de certitudes, on ne doit rien à personne. Or le pouvoir, ça se mérite ; et, quand on l'exerce, ça se justifie. Lui ne l'a ni mérité ni justifié ! Mais le problème majeur est celui de son incommensurable incompétence.
D'une manière générale, les dirigeants algériens ne brillent guère par leurs qualités intellectuelles. Ils ne réfléchissent pas, ne lisent pas, n'écrivent pas... Ce sont des êtres profondément fragiles qui n'existent que par et pour le pouvoir. D'ailleurs, tous ceux qui ont rencontré Bouteflika pendant sa traversée du désert n'ont vu qu'un pauvre hère.
Faites une expérience : demandez à l'actuel président de partir d'une idée, de la structurer, de la transformer en projet, de la programmer dans le temps, de la mettre en oeuvre et de la finaliser... C'est absolument impossible !
Bouteflika est un caractériel à l'ego hypertrophié qui n'a pas de temps à perdre en s'adressant aux Algériens. Réaliser des réformes, construire un pays, ce n'est pas sa tasse de thé. Il est convaincu qu'il a une mission interstellaire à accomplir et que c'est à la galaxie tout entière qu'il doit réserver ses fulgurances... De fait, l'Algérie est bien trop petite pour lui.
Il détourne du budget de l'État des centaines de millions de dinars et distribue des enveloppes à ses obligés, un peu comme ces princes du désert qui réunissent leurs sujets sous la tente pour leur offrir des cadeaux et des pièces d'or. Il ne cherche pas à se faire aimer ; il veut faire peur et rendre les gens dépendants. Il ne mérite même pas le titre de dictateur. Il n'est qu'un despote au petit pied, autoritaire et brouillon.
De gros efforts ont pourtant été réalisés dernièrement en faveur du logement...
C'est exact, le gouvernement a débloqué des sommes importantes pour construire des logements. Mais nous n'avons pas de matériaux et pas de maçons, rien que des ouvriers chinois. Comment voulez-vous bâtir quoi que ce soit dans ces conditions ?
Que feriez-vous si vous étiez à sa place ?
Je mobiliserais les ressources de la nation et je nouerais des partenariats avec l'étranger. Il faut réformer le système bancaire algérien qui est le plus archaïque du Bassin méditerranéen. La fiscalité doit également être simplifiée. Actuellement, les investisseurs sont soumis à un véritable parcours du combattant ! Tout est conçu pour les décourager. C'est encore pire pour les binationaux, qui sont pourtant une chance pour le pays. À côté de cela, on invite Zidane et on le reçoit en grande pompe alors qu'il est la figure emblématique de ces mêmes binationaux !
Si vous deviez tirer le bilan de votre carrière politique, quelles sont les réalisations dont vous êtes le plus fier ?
Ma principale fierté est d'avoir installé le projet démocratique au coeur du débat national algérien. Ce n'était pas gagné d'avance. Mon mouvement a été durement réprimé : j'ai moi-même été condamné à mort et torturé par les militaires. Mais quelle satisfaction lorsque je vois le FLN reconnaître finalement que la démocratie, c'est quand même une bonne chose ! Quelle joie de constater que le thème des droits de l'homme fait désormais partie du paysage politique algérien !
Après des années de lutte, mes idées ont fini par s'imposer. Par exemple, le jour où j'ai dit qu'il fallait absolument rembourser la dette extérieure, j'ai été lynché - verbalement - au journal de 20 heures par le ministre de l'Économie. Évidemment, on ne m'a jamais donné de droit de réponse... Eh bien, quatre ans plus tard, le gouvernement m'a donné raison !
On a l'impression, en vous écoutant, que votre optimisme et votre foi en l'homme sont inépuisables...
J'ai cette faiblesse. Vous savez, j'ai rencontré beaucoup de gens en prison. Lorsqu'on va chercher ce qu'il y a de mieux au fond d'un homme, on peut le faire parler autrement, selon qu'on l'invite à l'espérance ou qu'on lui dénie le droit de rêver. Il y a toujours quelque chose à y trouver.
Encore faut-il, évidemment, avoir cette disponibilité, cette capacité d'écoute, cette empathie nécessaire pour ne juger son prochain qu'après lui avoir donné toutes ses chances, après avoir compris, décodé et analysé tout ce qui a façonné l'individu que l'on a devant soi. Car il n'y a rien de pire - et les dictateurs le savent bien - que l'absence de communication. La plupart des tensions et des conflits en Algérie viennent de là. Lorsqu'on cesse de se parler, on libère les instincts, les pulsions ; en un mot, le côté animal de l'homme.
Je ne suis pas un naïf. Je sais parfaitement que l'homme recèle une part d'égoïsme, de sauvagerie et d'individualisme, qu'il faut d'ailleurs savoir respecter. Mais je crois que l'échange et l'écoute sont deux vertus que l'on n'a pas suffisamment valorisées et je redoute le contrecoup paradoxal de la puissance médiatique qui fait que tout un chacun ne privilégie que ses émetteurs sans développer ses récepteurs personnels. Ce nouveau rapport à la communication pose un vrai problème à l'humanité d'aujourd'hui.
Quel est votre plus beau souvenir politique ?
Ma réponse vous surprendra peut-être, mais c'est lorsqu'un certain 16 avril 1980, en me réveillant, j'ai appris que toutes les villes de Kabylie avaient baissé leurs rideaux. C'était la première fois depuis l'indépendance. C'est moi qui avais appelé à une grève générale en distribuant des tracts un peu partout. Même mes amis m'avaient mis en garde, me disant que c'était de la folie. Et pourtant ça a marché !
J'en ai ressenti un vrai sentiment de fierté, pour moi et pour mes concitoyens. Ce jour-là, j'ai compris que, quand les Algériens trouvent des hommes en qui ils croient, ils n'ont pas peur de se mobiliser. De ce point de vue, j'ai rarement été déçu, y compris lorsqu'il a fallu appeler à d'autres manifestations publiques par la suite.
Mon dernier combat remonte à l'élection présidentielle de 2004. Tout le monde a cherché à me dissuader, mais j'ai tenu bon. Au cours de la campagne - je fais, bien sûr, abstraction de la fraude et des manipulations orchestrées en haut lieu -, de nombreux Algériens ont répondu présent, malgré les menaces qui pesaient sur eux et les provocations dont j'ai été l'objet. Ce résultat, je le dois aux luttes des années 1980...
À l'inverse, quel est votre plus mauvais souvenir politique ?
J'ai l'embarras du choix ! L'événement le plus difficile à encaisser a sans doute été la déferlante du FIS en 1991. Certes, je m'y attendais un peu : l'armée était déliquescente, divisée, affaiblie par des contestations internes ; les institutions étaient discréditées et les citoyens complètement tétanisés. Il n'empêche que le choc fut immense. Pendant quelques jours, l'Algérie a vécu au bord du gouffre. Sur le plan personnel, j'ai été pris d'une grande angoisse. C'est que je n'avais pas de pays de rechange, moi ! Quant vous voyez votre nation disparaître, votre espace naturel s'évanouir, ce n'est pas facile à vivre, je vous prie de le croire.
Comment voyez-vous l'avenir ?
Mon expérience d'homme de terrain me fait dire que l'Algérie va s'en sortir. Nous avons payé cher en 1962. Nous avons payé non seulement le prix de notre propre indépendance, mais aussi celui de l'émancipation des pays musulmans.
J'aurais voulu que les nations démocratiques accompagnent davantage cette légitime aspiration. Je constate, hélas, qu'il est plus facile pour l'Europe judéo-chrétienne de dénoncer l'arbitraire ou la fraude électorale en Europe centrale que dans les pays arabes, où elle a encore tendance à privilégier la rentabilité du négoce au détriment de la stabilité démocratique, au nom du pétrole et de cette fameuse culpabilité coloniale. On ne peut pas se rendre complice de despotes corrompus qui appauvrissent leur pays et le dévitalisent en encourageant l'immigration massive, et se plaindre ensuite des perturbations que l'on a soi-même provoquées.
Il y a eu un temps pour la décolonisation. Un autre temps pour la contestation. Aujourd'hui, la population algérienne fait bloc autour du projet démocratique. Nous entrons dans une nouvelle phase historique : celle de la réalisation. Tout ce que j'espère, c'est que nous ne manquerons pas ce rendez-vous.
Saïd Sadi, êtes-vous en paix avec vous-même ?
Je serai très bref : oui.

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Re: Situation politique en Algérie

Message par espoir le Dim 2 Sep - 19:15



Duel ouvert entre Ouyahia et Belkhadem
La guerre des clans s'intensifie

Ouyahia accuse le gouvernement de vouloir acheter une paix sociale, à travers le recours récurrent aux caisses de l’Etat, remplis grâce à la rente pétrolière
«Nous assistons à un véritable pillage de la richesse nationale.» Que fait le gouvernement? Rien, selon lui: «Il y a un manque de volonté de lutter contre ces lobbies qui bénéficient d’une complicité désolante de la part de l’administration.»
Rien ne va plus entre les deux alliés stratégiques, en l’occurrence le FLN et le RND. Les divergences longtemps couvées ont fini par ressurgir, hier, le temps d’une rencontre avec les cadres du parti, animée par le secrétaire général du RND Ahmed Ouyahia. «Je tiens à préciser que cette conférence a été programmée depuis le mois de juin», a annoncé d’emblée l’ex-chef de gouvernement. Une précision de taille lorsqu’on sait qu’il a consacré l’essentiel de son intervention à remettre en cause les arguments exprimés par son successeur au gouvernement Abdelaziz Belkhadem, lors de la conférence de presse tenue mardi dernier à la résidence El Mithaq.
Ouyahia souhaitait balayer la thèse de la confrontation, mais l’impression laissée à la fin de la rencontre démontre tout à fait le contraire. «Il y’a une crise sociale que nul ne peut ignorer. Cette situation n’a pas besoin de solution de conjoncture, mais de réformes de fond», affirme-t-il. Décidé apparemment à balancer les quatre vérités à la veille de la rentrée sociale, M.Ouyahia pense que l’actuel gouvernement ment au peuple. «Ni la pomme de terre, ni le lait ni le sucre, ajoute-t-il, ne sont à l’origine du malaise social.» Le problème est beaucoup plus profond. Il est, à en croire Ahmed Ouyahia, en relation directe avec la gestion des affaires de l’Etat et les orientations économiques du gouvernement. Il reproche dans ce sens, à son allié, la stratégie de fuite en avant, qui risque «de porte préjudice au pays, et de menacer davantage sa stabilité.» Concrètement, M.Ouyahia pense que la flambée des prix des aliments de consommation de base «n‘ont rien à voir avec la Bourse internationale».
Il accuse les lobbies et la mafia de l’importation de vouloir déstabiliser la paix sociale. De 2004 à ce jour, l’Etat assure l’importation, la distribution du blé et du lait, à travers l’Oaic et Giplait. Les prix sont fixes et subventionnés. Comment expliquer les dernières augmentations? M.Ouyahia est catégorique: cela est dû aux spéculateurs qui ne seraient pas étrangers aux deux organismes. Au lieu de recourir à des «solutions de conjoncture» qui ont prouvé leurs limites, notamment à travers l’importation massive des aliments de base, le patron du RND propose «de renforcer le contrôle sur le marché national.» Il juge aussi nécessaire la création d’une centrale d’achat pour les circonstances «exceptionnelles.»
«Nous assistons à un véritable pillage de la richesse nationale.» Que fait le gouvernement? Rien, selon lui: «Il y a un manque de volonté de lutter contre ces lobbies qui bénéficient d’une complicité désolante de la part de l’administration.» Hier, l’ex-chef de gouvernement a donné l’impression d’être bien au fait du dossier. «Quand j’évoque les lobbies, je ne suis pas en train d’inventer une situation. Il est encore loin de mon intention de cacher des vérités au peuple algérien. C’est une réalité en face de laquelle on est appelé à agir avec fermeté et rigueur.» M.Ouyahia lance un signal d’alarme. «Les lobbies visent actuellement une zone à haut risque. C’est la poche des citoyens», les accusant de vouloir délibérément provoquer une fronde sociale. Le malaise est si sérieux qu’il n’a pas hésité à interpeller l’Exécutif à «mener une bataille du destin pour le pays.» Le secrétaire général du RND ne s’arrêta pas là. Il persiste et signe dans sa vision critique contre le gouvernement de Belkhadem, dont le RND fait partie: «La situation actuelle démontre les limites de notre politique sociale.» La récente annonce faite par M.Belkhadem concernant la révision de la grille des salaires de la Fonction publique «en est la preuve». «Cela n’est pas une solution. L’Algérien a besoin d’améliorer son pouvoir d’achat. L’urgence est dans la résorption du chômage. Et cela ne peut se réaliser qu’à travers une véritable stratégie d’investissements». Sur ce dernier chapitre la situation n’est pas plus reluisante. «Les crédits destinés aux opérateurs économiques en 2006 n’ont pas dépassé les 2 milliards de dollars. Et pourtant les banques algériennes ne manquent pas de liquidités», soutient-il.
En somme, M.Ouyahia accuse le gouvernement de vouloir acheter une paix sociale, à travers le recours récurrent aux caisses de l’Etat, remplis grâce à la rente pétrolière.
«Le gouvernement ne démissionnera pas»
«Le gouvernement ne démissionnera pas», a déclaré Abdelaziz Belkhadem lors de la conférence de presse animée mardi dernier comme pour répondre au RND. Et au patron de l’Exécutif de préciser que le staff actuel «a été reconduit par le président après les législatives du 17 mai», ce qui, selon sa lecture, signifie qu’il jouit de son entière confiance. Avec le recul, il est évident que la précision apportée par le Chef du gouvernement n’était pas destinée aux seuls journalistes. Elle se voulait un message adressé à Ouyahia et à ceux qui critiquent les résultats du staff gouvernemental, suggérant au passage qu’il faut peut-être le départ de Belkhadem. En fin politicien, ce dernier n’aura pas manqué de percevoir la nuance. Lui-même n’a-t-il pas usé de la même stratégie avant d’obtenir le départ de son prédécesseur ? Car, même si cela n’est pas encore ouvertement revendiqué, les critiques à répétition à l’encontre de l’action du gouvernement peuvent conduire au limogeage du Chef du gouvernement et ce, d’autant qu’elles émanent des principales formations politiques du pays. Mieux, après le MSP, c’est au tour du RND de s’y mettre.

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Message par espoir le Sam 10 Nov - 21:49


Elections du 29 novembre
Début de campagne sans âme…
Le moins que l’on puisse dire du début de campagne de ce week end, c’est que l’enthousiasme n’était pas au rendez-vous.

Les passants vaquaient à leur occupation sans le moindre coup d’œil aux panneaux d’affichage des candidats en lice pour le scrutin des locales du 29 novembre prochain.
Un étrange sentiment du déjà vu si l’on se remémore la campagne des dernières législatives du 17 mai.
Une même indifférence à ces joutes, visible, à l’allure de citoyens passant sans s’arrêter à côté des affiches que l’on commence par ailleurs à déchirer deux jours à peine après le lancement de la campagne. Ces mêmes citoyens dans certaines artères de la capitale et de sa périphérie, qui vous feront part des mêmes appréciations désabusées dès qu’ont les interroge quant à ce qu’ils attendent d’une échéance électorale censée pourtant prendre en compte plus que les législatives leurs préoccupations immédiates au niveau de leurs localités.
«Le vote cela fait longtemps que je n’y crois plus. Les têtes ont beau changé mais les pratiques restent les mêmes. Depuis plus de 20 ans que j’habite Dar El-Beïda, j’ai toujours été déçu par tous les maires qui se sont succédé. Ils vous promettent monts et merveilles et font vite de vous oublier dès qu’ils sont élus… », dira Mohamed 41 ans, enseignant de son état. Plus désillusionné, Hamid, jeune chômeur de 26 ans, répendra sèchement à notre question de savoir ce qu’il attend du scrutin du 29 novembre. « Moi, mon frère, j’attend mon visa, dira-t-il d’un air de défi, je ne crois pas aux promesses des candidats qui ne pensent qu’à eux-mêmes et jamais au peuple. Et puis, je ne me suis jamais intéressé à la politique », résumera-t-il.
Hormis quelques-uns qui avouent leur penchant pour certains des candidats qu’ils disent connaître, la plupart des interlocuteurs expriment leur scepticisme vis-à-vis de l’élection prochaine démotivés pour la plupart d’entre eux par leur situation respective demeurée inchangé voire qui ont empiré depuis des années.
Démotivés aussi, avouent-ils, par les péripéties organiques vécues par la plupart des formations politiques en lice. Ils se disent être déroutés par des propos contradictoires et bellicistes des membres d’un même parti au niveau de leur circonscription.
DDK du 10/11/07

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Message par espoir le Jeu 15 Nov - 8:11

Aption de la loi de finance 2008 par l'APN
Communiqué du Groupe Parlementaire du RCD
Le projet de loi de finances 2008 a été proposé et mis en débat par le gouvernement à l’APN en violation de l’article 160 de la constitution qui stipule que «le gouvernement rend compte , à chaque chambre du parlement, de l’utilisation des crédits budgétaires qu’elle lui a votés pour chaque exercice budgétaire ».
Le RCD prend date de ce manquement, boycotte le vote de la loi de finances 2008 et refuse de se faire complice d’une dérive qui discrédite davantage une institution supposée veiller au respect de l’esprit et de la lettre de la première loi du pays.
Ce nouveau reniement éthique et politique est grave. Il consacre l’abus d’autorité érigé en mode de gouvernance et rappelle que le pouvoir exécutif soumet et implique le pouvoir législatif dans une gestion dominée par l’improvisation et la prédation.
Ni la souveraineté d’une institution, ni la crédibilité de l’Etat ni la dignité de la nation n’ont suscité un minimum d’autonomie dans une assemblé recrutée à travers les réseaux clientélistes pour servir d’alibi à une administration policière tentaculaire.
Faute de pouvoir peser contre des décisions dilapidant la ressource nationale et hypothéquant la stabilité de l’Etat, le RCD, continuant à honorer sa mission, sera le témoin vigilant dans un combat, certes inégal, mais qui rend d’autant plus impérieuse l’information et l’association de l’opinion publique dans cette phase de régression généralisée, qui, si elle devait durer, ébranlerait la Patrie.
Alger le 13 novembre 2007

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Re: Situation politique en Algérie

Message par espoir le Sam 24 Nov - 21:15

SAÏD SADI A BOUIRA :
«On veut irakiser l’Algérie»

Discours au vitriol contre le régime que celui que le leader du RCD a développé ce vendredi à Bouira au niveau de la salle Errich dans le cadre de la campagne pour les élections locales du 29 novembre prochain.
Le Dr Saïd Sadi, visiblement désespéré de ce qu’un changement puisse venir ou émaner d’en haut, ou de l’intérieur du régime, n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour vouer aux gémonies, Zerhouni et tous ceux qui sont aux commandes du pays actuellement. Et là, il le dit tout haut, le premier responsable de cette décadence dans les mœurs politiques du pays est bel et bien Bouteflika qui a formé autour de lui une secte appelée par l’orateur secte de Tikrit, allusion à Saddam Hussein. «Une secte irresponsable spécialisée dans le régionalisme, la corruption et la violence de l’Etat et qui veut nous mener directement vers l’«irakisation» de l’Algérie». Allant au fond de ses pensées, Sadi se désole de ce que le pays en est arrivé à ce stade où le régionalisme est érigé en culture officielle de l’Etat avec comme seule politique, la ruse et pour seule règle, la corruption. Une corruption dont le réservoir est bien entendu, selon l’orateur, Sonatrach, devenue leur coffre-fort. Cela étant, le leader du RCD rappelle aux centaines de présents venus des quatre coins de la wilaya, que cela ne doit pas être une fatalité. Bien au contraire, il invitera les citoyens à s’impliquer davantage dans la chose politique et plus particulièrement dans la gestion des collectivités locales. Le Dr Sadi est convaincu que le seul espoir de changement et de gestion démocratique qui puisse échapper à la mainmise du pouvoir et ses tentacules, sont bien la commune et la wilaya. Avec une mobilisation et une surveillance sérieuse, les élus locaux peuvent émaner des forces démocratiques et de changement. «Et le RCD qui a présenté des personnes propres et intègres est là pour redonner aux citoyens de l’espoir», dira Sadi qui rappelle la gestion rigoureuse des APC détenues par le RCD et dont la transparence et l’intégrité morale des élus à l’instar des APC de M’chedallah et El-Esnam, ont démontré combien les élus locaux peuvent changer les choses avec leur travail sérieux. Ces deux P/APC, Zekri Hamid et Hellal Ahmed, tous deux reconduits, sont actuellement en tête des sondages au niveau de leurs communes, nous dit-on, et ce, grâce aux bilans plus que positifs de leur mandat. Enfin, le leader du RCD rappelle le serment fait aux citoyens, celui de révoquer tout élu qui aura manqué aux engagements pris devant le peuple ou qui aura été tenté par un quelconque avantage matériel. «Ceux-là seront non seulement révoqués mais traduits devant la justice par le RCD», assurera le Dr Sadi qui appellera les gens à aller voter massivement pour le changement et la gestion transparente et solidaire. Rappelons que le Dr Sadi a utilisé dans son discours l’arabe algérien, le RCD étant présent pour la première fois dans plusieurs communes arabophones de la wilaya comme Sour-El-Ghozlane, Taguedit, Bouderbala, Aïn-Bessem. Rappelons aussi que, outre ce meeting, le RCD a organisé pendant le week-end, deux autres meetings animés par le député Ali Brahimi qui a signalé à l’occasion que l’Algérie vit une crise au niveau de sa direction et non au niveau de la base.
Le Soir d'Algérie du 24/11/07

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Re: Situation politique en Algérie

Message par espoir le Ven 30 Nov - 15:39

Des élections locales ont eu lieu hier en Algérie, et le taux de particiaption est de :
- Pour les APC : 43.96%
- Pour les APW: 43.26%

En ce qui concerne les communes, voici la repartition
FLN 455 COMMUNES
RND 288 COMMUNES
FNA 75 COMMUNES
MSP 62 COMMUNES
LIBRES 50 COMMUNES
RCD 45 COMMUNES
FFS 35 COMMUNES
PT 33 COMMUNES

Soit:
FLN 30%
RND 24.5%
FNA 11.29%
MSP 10.69 %
PT 6.85%
RCD 4.33%
FFS 4%
Libres 3.88%
Et en pourcentage:

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Re: Situation politique en Algérie

Message par massi le Ven 30 Nov - 22:58

espoir a écrit:Des élections locales ont eu lieu hier en Algérie, et le taux de particiaption est de :
- Pour les APC : 43.96%
- Pour les APW: 43.26%

En ce qui concerne les communes, voici la repartition
FLN 455 COMMUNES
RND 288 COMMUNES
FNA 75 COMMUNES
MSP 62 COMMUNES
LIBRES 50 COMMUNES
RCD 45 COMMUNES
FFS 35 COMMUNES
PT 33 COMMUNES

Soit:
FLN 30%
RND 24.5%
FNA 11.29%
MSP 10.69 %
PT 6.85%
RCD 4.33%
FFS 4%
Libres 3.88%
Et en pourcentage:


Il faut revoir le classement Wink
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Re: Situation politique en Algérie

Message par espoir le Dim 2 Déc - 13:30

Est ce le début de la fin du FFS?
Les élections locales qui viennent de se dérouler en Algérie, en plus de la nouvelle carte qu'à voulu dessiner le pouvoir, en "octroyant" une place de choix au FNA (un satellite du FLN, donc du système), il y a la claque que vient de recevoir le FFS (le plus vieux parti de l'opposition), en Kabylie (où on sait que le pouvoir a du mal à frauder).
Le parti de Ait Ahmed qui vit une crise organique depuis plus d'une année, vient de subir de plein fouet la fronde d'une partie de la base, qui n'a pas accepté l'intronisation de Karim TABOU au poste du 1er secrétaire du parti. On a tous en tête les affrontement entre des militants (qui se disent représenter la ligne authentique du parti), et une aprti des militant acquise à la direction.
La déconfiture du FFS lors de ces élections n'ont pas été sans dégâts sur la direction actuelle, dans la mesure où TABOU vient de présenter sa démission au président du parti. Et quelque soit la décision du président, le FFS aura du mal à se relever de cette défaite électorale. Les prochains jours nous renseigneront sur les conséquence de cette crise sur le parti, mais AIt Ahmed, qui semble un peu usé, aura du mal à remettre son parti sur les rails.
Wait and see...

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Re: Situation politique en Algérie

Message par espoir le Dim 2 Déc - 13:36

EN QUELQUES MOTS, DE-CI, DE-LÀ
Troisième mandat ? Bof

Lorsque les cheminots algériens observent un arrêt de travail d’une dizaine de jours (17/27 novembre 2007) pour faire aboutir leurs revendications salariales, devinez à quoi pensent ceux qui se font appeler «responsables politiques», «gouvernants» ? Quand des citoyens sortent dans la rue — leur seul moyen d’expression pour se faire entendre — et qu’ils sont déférés devant la justice comme «émeutiers » devinez à quoi pensent ceux qui se font appeler «responsables politiques», gouvernants » ? Au moment où des pluies diluviennes s’abattent sur l’ensemble du pays, engendrant la mort de douze personnes (12), la destruction de ponts, de routes, l’effondrement de vieilles bâtisses, de maisons vétustes, à quoi s’intéressent ceux qui se font appeler «responsables politiques», «gouvernants» ? Certainement pas aux travailleurs de la SNTF, ou aux «agitateurs» de Ouargla, encore moins aux intempéries et à leurs conséquences.
Cadet de leurs soucis que ces «non-évènements », comme ils disent. Leur préoccupation majeure devenue obsessionnelle est de militer en faveur d’un troisième mandat pour Abdelaziz Bouteflika. Ce n’est pas là chose inédite et l’on peut imaginer que ceux qui existent et respirent grâce à leur bienfaiteur, puissent être paniqués à l’idée de redevenir anonymes. Cependant, leur insistance en ce moment précis, à dix-huit mois (1 8de la fin du second mandat (2004/2009) laisse-t-elle entrevoir leurs certitudes ou au contraire leur inquiétude ? Pourquoi, en effet, accélèrentils la mesure ? Pourquoi tout ce tohu-bohu ? Lors de son passage à une émission radiophonique (Chaîne I) «Fi-el-Wadjiha» en date du 26 novembre 2007, Abdelaziz Belkhadem a déclaré : «Au FLN nous encourageons le président Abdelaziz Bouteflika à aller à un troisième mandat mais le dernier mot lui revient... Il s’agit
là d’une revendication populaire.» On ne peut pas dire qu’il s’agit là d’une première chez Belkhadem. La révision constitutionnelle et un mandat supplémentaire, voire plusieurs sans limites, sont ses chevaux de bataille. Ceux pour lesquels il a été choisi et nommé par Bouteflika. Il serait évidemment angélique de croire un instant que Abdelaziz Belkhadem agit de son propre chef. Il est en charge d’une mission consistant pour lui d’enfoncer chaque jour un peu plus, un peu mieux le clou, jusqu’à ce que le troisième mandat s’impose à nous, comme une évidence, ou une fatalité incontournable. C’est à ce moment-là qu’apparaîtra Abdelaziz Bouteflika pour rafler la mise. Celui-ci, on s’en souvient, avait répondu à un journaliste étranger, récemment, que «seul le peuple est souverain pour décider», celui-là (Belkhadem) parle de «revendication populaire ». Tous deux disent la même chose avec des mots différents.
Lorsque Belkhadem dit «revendication populaire», il fait allusion à la capacité qu’aura le pouvoir, selon ses habitudes, à organiser en temps opportun des marches, des rassemblements «spontanés» sans état d’urgence, regroupant les voix de «khobzistes» de tous bords hurlant «ouahda thalitha» (troisième mandat) ou «Bouteflika raïssouna» (Bouteflika notre président). Ce ne sera pas de souveraineté populaire dont il sera question, mais de matraquage publicitaire. Ce sera surtout le fait accompli. Du moins, le croient-ils. Prenant le relais de Abdelaziz Belkhadem, le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, habituellement effacé et peu disert, a déclaré (discours : vote de la loi de finances 2008, 24 novembre 2007) : «Où étions-nous et où allons-nous ? Faut-il que nous fassions un choix autre que nous avions fait il y a de cela huit ans ?» N’est-ce pas là une véritable campagne électorale ? Encore le troisième mandat ! Abdelkader Bensalah, membre fondateur du RND, a-t-il entendu par ses propos fracassants piéger son parti ? A cette question, M. Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND, a répondu en lui renvoyant (ainsi qu’à Belkhadem) le ballon ou la bombe : «Nous n’anticipons pas sur les évènements, nous attendrons la décision du président.» Dont acte. A moins que Abdelkader Bensalah ait décidé de jouer son va-tout et une partition en solo au profit de Abdelaziz Bouteflika, affichant ainsi clairement ses choix pour 2009 ne serait-ce qu’au nom de la région ! Au-delà de ces jeux politiciens, en tentant de nous imposer «ses choix» datant de huit ans, ses «bons choix», Abdelkader Bensalah devrait d’abord nous montrer en quoi le bilan de Abdelaziz Bouteflika devrait nous inciter à ne plus pouvoir nous passer du porte-bonheur de l’Algérie ?
• Abdelkader Bensalah, aurait-il l’audace de nous dire que A. Bouteflika a ramené la paix ? Qu’il se souvienne alors qu’au moment où il était président du Conseil national de transition, puis de l’Assemblée populaire nationale, dans les années infernales du terrorisme, c’est le président Liamine Zeroual qui a accepté en 1994 de prendre les rênes du pays après que Abdelaziz Bouteflika eut refusé d’aller au charbon. Et ce n’est qu’en 1999 qu’il consentit à être président après que son prédécesseur et d’autres responsables eurent déblayé le terrain pour lui.
• Abdelkader Bensalah aurait-il la prétention de nous chanter l’air bien connu de «la réconciliation est un succès» ? Ayant maintes fois expliqué que celle-ci est un échec, la sécurité étant encore l’insécurité, et un mariage contre nature entre le bourreau et la victime, je ne m’appesantirai pas sur ce point. Par contre, pour savoir véritablement où il était et où il se trouve aujourd'hui, Abdelkader Bensalah devrait juste regarder les véhicules de protection qui le conduisent chaque jour et il constatera alors qu’il en est au même point.
• Abdelkader Bensalah veut-il nous convaincre que l’Etat de Abdelaziz Bouteflika est un Etat de droit ? Dans ce cas, sa mémoire, décidément bien sélective, feint d’oublier l’état d’urgence, la répression féroce à l’encontre du moindre rassemblement pacifique, l’instrumentalisation outrancière de la justice, les violations à la Constitution, le harcèlement policier et judiciaire contre les journalistes suivi d’une grâce, celle du monarque qui frappe quand il le veut et se montre magnanime quand il le décide. Si l’on ajoute ce listing non exhaustif, le verrouillage politique, selon le principe bouteflikien : «Si tu n’es pas avec mois tu es contre moi», le recours abusif aux ordonnances réduisant ainsi la fonction législative à une véritable peau de chagrin (plus d’une trentaine d’ordonnances depuis 2000 ont été prises par Abdelaziz Bouteflika), on peut affirmer sans se tromper, que nous vivons dans un Etat de non-droit. Si Abdelkader Bensalah veut un exemple concret, je lui citerai celui du journaliste-écrivain et ami, Mohamed Benchicou. Celui-ci avait été mis sous mandat de dépôt pour un délit inexistant (bons de caisse) alors que la véritable raison de son incarcération arbitraire durant deux années à la prison d’El Harrach tenait à ses écrits (articles et son ouvrage : Bouteflika, une imposture algérienne. Or, le 13 mai 2007 un texte interdisant «l’exportation de tout titre de créance ou moyen de paiement libellé en monnaie nationale (bons de caisse) est interdite sauf autorisation de la Banque
d’Algérie», a été publié au Journal officiel n° 31. (Information site Le Matin). Ainsi dans «l’Etat de droit» vanté par Abdelkader Bensalah, que restera- t-il comme recours à Mohamed Benchicou condamné à une peine illégale, l’infraction supposée ne figurant pas en 2004 dans le code pénal ? Déposer plainte évidemment contre l’Etat. Devant quelle justice ? Celle qui l’a condamné ? Celle qui a cherché à l’humilier ? C’est pour cet Etat de droit que Abdelkader Bensalah veut nous imposer ses choix pour 2009 ? Son choix, ses ambitions à lui sans doute. Mais aucunement les nôtres. Nous, nous avons, Dieu merci, d’autres choix.
• Abdelkader Bensalah aurait-il l’outrecuidance de nous convaincre que dansl’Algérie de «El izza oua el karama », il n’y a pas des harragas, phénomène totalement inconnu avant 2000 dans notre pays ? Avant l’arrivée de Bouteflika ils n’existaient pas.
• Abdelkader Bensalah aurait-il l’impudence de nous dire que l’Algérie riche et en bonne santé profite à tous les Algériens ? Que les scandales financiers et la corruption ne seraient que le fruit de notre imagination ? Dans cette Algérie où Abdelaziz Bouteflika rêve pour sa postérité d’une mosquée de 3 milliards (trois) de dollars, des Algériens sont morts emportés en 2007 par les eaux de pluie et il s’est trouvé un chef du gouvernement répondant au nom de Abdelaziz Belkhadem qui n’a pas été surpris, voire choqué, qu’on lui parle de ponts provisoires » ! Dans cette Algérie, Abdelaziz Bouteflika ne sanctionne pas et personne ne démissionne, ne serait-ce qu’au nom de l’honneur. Mais que disje là ? Qu’est donc l’honneur sans conscience ? Dans cette Algérie, l’argent de la rente sert à offrir le pèlerinage aux Lieux Saints à des artistes capables de se prendre en charge et à régler la caution d’un chanteur de raï auteur présumé de faits que la morale et le droit réprouvent (cheb Mami) s’ils ne venaient qu’à s’avérer fondés. Sont-ce pour ces «bons points» que le troisième mandat s’imposerait à nous ? Est-ce pour tous ces malheurs ?

la suite de la chronique dans le suivant post...


Dernière édition par le Dim 2 Déc - 13:48, édité 3 fois

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Re: Situation politique en Algérie

Message par espoir le Dim 2 Déc - 13:36

...la suite
• Abdelkader Bensalah aurait-il l’arrogance de nous dire que le mode de gouvernance est fondé sur le dialogue, la concertation, et l’absence de toute connotation régionaliste ? Omnipotent, omniprésent, lorsque sa santé le lui permettait, Abdelaziz Bouteflika n’est-il pas celui qui disait : «C’est moi qui décide, c’est moi qui suis le chef du gouvernement, la télévision c’est moi ? N’est-ce pas lui qui nommait ceux qu’il avait le droit constitutionnellement de nommer, mais également ceux qui ne relevaient pas de son autorité ? Quant au régionalisme et au népotisme, ils n’ont jamais été aussi graves, outranciers et choquants que sous le règne de Bouteflika. Et ce ne sont pas là des «rumeurs malveillantes », comme l’a affirmé Abdelaziz Belkhadem lors de son passage à la radio ou des «potins de rue». Dans une chronique en date du 3 janvier 2007 ( Le Soir d’Algérie) qu’on peut retrouver sur le site de ce quotidien, j’avais communiqué le lieu de naissance de plusieurs ministres. Les uns sont originaires de la même wilaya que leur chef : — Affaires étrangères (Tlemcen), Intérieur (Nédroma), Justice (M’sirda, wilaya de Tlemcen), Santé (Tlemcen), Protection sociale et Travail (M’sirda), Restructuration et Participation (Tlemcen), Energie et Mines (Tlemcen), Solidarité (Tlemcen). Les autres viennent de la même région : chef du gouvernement (Tiaret), Equipement et Aménagement du territoire (Aïn-Defla), ministre délégué Collectivités locales (Mascara), Affaires religieuses (Mascara), secrétaire d’Etat Coopération maghrébine (El Bayadh). Sans oublier le directeur de cabinet de la présidence de la République (Mascara), trois (3) conseillers de Nédroma, les présidents du Conseil constitutionnelle, du Conseil de la nation et de la Cour suprême (El Bayadh - Tlemcen - Mostaganem). Ce sont toujours des «potins» ? Je renvoie les lecteurs dans ce cas au dictionnaire de M. Achour Cheurfi qui n’est pas homme à écrire et à affirmer n’importe quoi : La classe politique algérienne de 1900 à nos jours, Casbah Editions. Il est vrai que Belkhadem, face à une question aussi délicate posée par le journaliste d’ El Watan, présent à l’émission, ne pouvait pas répondre autre chose, car avec Abdelaziz Bouteflika la «West Mania» n’est pas un mythe mais une triste réalité.
Et l’on «comprend» que Abdelkader Bensalah plaide pour un troisième mandat. Au nom de l’amitié, au nom de la région, au nom du koursi...
Reste à savoir si cette «revendication» qu’on entendra encore et encore est, comme je le disais plus haut, une certitude ou une inquiétude. Dans une chronique qu’il a intitulée «La fable du président mourant», Mohamed Benchicou est convaincu que les choses sont déjà ficelées et le colis bien empaqueté, et qu’on tenterait ainsi de manipuler les adversaires de Abdelaziz Bouteflika avec la «fable» de sa maladie pour mieux les manipuler. (le matindz. net). Mohamed Benchicou n’a absolument pas tort de nous rappeler l’angélisme politique que beaucoup d’entre nous ont montré en 2004 en croyant que l’élection présidentielle était démocrate et libre jusqu’au dernier moment, jusqu’aux dernières secondes. Cependant, quel que soit l’état de santé de Abdelaziz Bouteflika sur lequel, il est vrai, nous n’avons aucune information, il sera difficile, voire impossible pour les décideurs de manipuler des personnes intègres
— dans tous les sens du terme — crédibles, pour soutenir celui dont on ne veut pas au profit de celui qu’on cooptera, en l’occurrence Abdelaziz Bouteflika, si l’on a déjà décidé comme le dit Mohamed Benchicou, de miser sur lui. C’est la grande leçon en ce qui me concerne, que j’ai tirée de 2004. Je ne regrette rien, je me suis enrichie d’une expérience : celle de la victoire confisquée mais si c’était à refaire je le referais car mon choix pour M. Ali Benflis était une conviction.
Ma conviction partagée avec des milliers de compatriotes. Cependant, cette expérience de 2004 n’aura pas été vaine car nous ne serons plus jamais trompés puisque nous ne nous tromperons plus. Mais Mohamed Benchicou a raison de nous appeler à être vigilants. Si tant est que le troisième mandat soit une certitude. Rien n’empêche Abdelaziz Bouteflika de réviser la Constitution de 1996 qu’il n’a cessé de vilipender et de prévoir un troisième, un quatrième mandat, voire un mandat à vie. Rien ne lui interdit de passer outre la Constitution (en est-il à une violation près ?) et de faire croire que le peuple le réclame. Ce sont là les certitudes de A. Bensalah et A. Belkhadem. Cependant, les paramètres que nous ne possédons pas sont d’une part le véritable état de santé de Abdelaziz Bouteflika, d’autre part, l’état d’esprit de ceux qui seront incontournables en cas de révision constitutionnelle et de troisième mandat. Incontournable parce que ce sont eux qui décideront.
Et Abdelaziz Bouteflika le sait mieux que quiconque. Enfin, de par le monde (notamment les Occidentaux) n’en serait-on pas déjà à l’après- Bouteflika ? Il est des clignotants qui ne trompent pas. On peut me répondre que l’activité en matière de politique étrangère est intense en ce moment. Certes, et après ? Recevoir son homologue ou se déplacer à l’étranger ne signifie aucunement pour Abdelaziz Bouteflika la garantie assurée d’un troisième mandat. Dans ce cas, pourquoi ce tintamarre orchestré par ses relais ? Tout bonnement parce que, dans le jeu politique, on ne trouve pas que la manipulation et le mensonge. Il existe ce que l’on pourrait appeler «le vouloir survivre ». Et lorsqu’on joue pour survivre, on doit utiliser toutes ses cartes. Toutes. Le temps étant compté, on se hâte, on donne le change, on se montre apte aux calculs politiciens les plus ténus et l’on se montre surtout sûr de soi.
C’est bien ce que font Abdelkader Bensalah et Abdelaziz Belkhadem sans être certains de quoi que ce soit. Se repaître d’illusions n’est-il pas aussi le côté pathétique du jeu politique ? Y compris pour leur chef. En ce qui concerne leurs compatriotes conscients que Abdelaziz Bouteflika a fait leur malheur (ou malheurs au pluriel) pour quelles raison seraient-ils stupides et masochistes au point d’offrir au même Bouteflika de les rendre encore plus malheureux ? Car «ils savent où ils étaient», mais ils savent surtout où ils sont aujourd’hui. Ils vivent dans un Etat en totale déliquescence où les responsables eux-mêmes ne peuvent pas être pris au sérieux lorsqu’ils se montrent trop bavards et constituent eux-mêmes une cacophonie de gouvernants inadmissible. Telle celle causée par le ministre des Anciens moudjahidine, contraint de revenir sur ses déclarations faites à El Khabar, relativement à la personne du président français Nicolas Sarkozy. Un journaliste qui aurait tenu les mêmes propos serait déjà sous mandat de dépôt pour «offense à chef d’Etat étranger » ! Quelle mouche a pu piquer ce ministre sachant que son chef l’aurait de toute façon désavoué publiquement et l’aurait obligé à faire un démenti ? C’est tellement aisé de tout mettre sur le dos de la presse ! A moins que la pression soit venue d’ailleurs ? Mais pourquoi tant de violence dans les propos ? Violence qui aurait pu se justifier ou avoir plus de poids si elle avait fait référence à l’histoire et non aux insultes racistes évoquant les «origines juives» du président français. Lorsqu’on est ministre de la République, cela s’appelle un grave dérapage. Pour autant, il y a lieu de se demander si de tels ministres ne se sentent pas naître des ailes précisément parce que Abdelaziz Bouteflika n’est plus ce qu’il était. Alors un troisième mandat ? Ce n’est vrai ment pas la priorité des Algériens. Un troisième mandat ? Bof... Bof, lorsqu’on sait que le taux de participation aux municipales n’a pas dépassé 43%. Des résultats sur lesquels je reviendrai prochainement. Mais d’ores et déjà, il est aisé de conclure que des élections avec moins de 50% engendrent certes des élus mais des mal élus. Cela est si vrai que Noureddine-Yazid Zerhouni a utilisé tantôt des intempéries comme facteur d’empêchement de se rendre aux urnes, tantôt, au contraire, comme une cause qui n’a pas découragé les électeurs ! De toutes les façons, qui peut contrôler ? En tout état de cause, l’argument desservant ou servant les municipales montre que le ridicule décidément ne tue pas. Les menaces d’un troisième mandat non plus...
Leila Aslaoui

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